Publié le 15 novembre 2025 à 18h20. Une bactérie intestinale, Turicibacter, pourrait jouer un rôle clé dans la prévention de l’obésité en modifiant le métabolisme des graisses, selon de nouvelles recherches menées sur des souris.
- Des scientifiques ont identifié Turicibacter comme une bactérie capable de réduire l’obésité et d’améliorer la santé métabolique, même chez les souris nourries avec un régime riche en graisses.
- L’étude révèle que Turicibacter produit des lipides spécifiques qui inhibent la production de céramides, des graisses associées à l’obésité.
- Des niveaux faibles de Turicibacter ont été corrélés à l’obésité chez l’homme, ouvrant la voie à de potentielles thérapies probiotiques.
Face à une crise mondiale de l’obésité, touchant environ une personne sur huit selon l’Organisation mondiale de la santé, les chercheurs explorent de nouvelles pistes pour lutter contre ce problème de santé publique. Si les régimes et l’exercice physique restent des piliers de la prévention, l’attention se tourne de plus en plus vers le rôle crucial du microbiote intestinal – l’ensemble des milliards de micro-organismes présents dans notre système digestif – dans notre bien-être général.
Depuis plusieurs années, les scientifiques savent que le microbiote intestinal influence la manière dont nous traitons les graisses. Cependant, identifier précisément les micro-organismes bénéfiques et comprendre leurs mécanismes d’action s’est avéré complexe. Une récente étude, publiée dans la revue Métabolisme cellulaire, apporte un nouvel éclairage sur le sujet en mettant en évidence le rôle prometteur de la bactérie Turicibacter.
Kendra Klag, de la faculté de médecine de l’Université de l’Utah à Salt Lake City, et ses collègues ont réussi à isoler Turicibacter d’autres micro-organismes. Ils ont ensuite testé ses effets sur différents groupes de souris, y compris des souris élevées dans un environnement stérile, sans aucun microbiote intestinal préexistant, ainsi que des souris de laboratoire standard. Les animaux ont été nourris soit avec un régime alimentaire normal, soit avec un régime riche en graisses, et certains ont reçu en complément la bactérie Turicibacter.
Les résultats ont démontré que Turicibacter réduisait significativement l’obésité et améliorait les paramètres de santé métabolique, tels que la graisse corporelle, la glycémie et les taux de graisses dans le sang, même chez les souris suivant un régime riche en graisses.
Le mécanisme d’action
Pour comprendre comment Turicibacter exerce ses effets bénéfiques, l’équipe a analysé l’intestin des souris et des échantillons de sang. Ils ont découvert que la bactérie produisait des lipides spécifiques. En purifiant ces lipides bactériens et en les administrant aux souris, les chercheurs ont constaté qu’ils suffisaient à eux seuls à prévenir l’obésité. Ces lipides agissent en inhibant la production de céramides, un type de graisse qui s’accumule en cas de consommation excessive de régimes riches en graisses.
« Nos données identifient un nouveau réseau lipidique bactérien-hôte qui favorise la santé métabolique de l’hôte et est prometteur sur le plan thérapeutique », ont déclaré les scientifiques.
Ces découvertes suscitent l’espoir de nouvelles approches thérapeutiques contre l’obésité. Les chercheurs ont également observé que des niveaux faibles de Turicibacter sont associés à l’obésité chez l’homme, ce qui suggère que des compléments probiotiques pourraient être envisagés pour traiter ce trouble métabolique.
Plus d’informations : Kendra Klag et al, Dietary fats disrupt a commensal-host lipid network that promotes metabolic health, Cell Metabolism (2025). DOI : 10.1016/j.cmet.2025.10.007
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