Publié le 16 novembre 2025 à 21h03. Une nouvelle étude suggère que la chimioradiothérapie (CRT) pourrait améliorer la survie des patients de plus de 65 ans atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules de stade II, lorsqu’une intervention chirurgicale n’est pas envisageable.
- La chimioradiothérapie (CRT) est associée à une meilleure survie globale et spécifique au cancer du poumon chez les patients âgés de plus de 65 ans atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules de stade II non opérable.
- L’étude, basée sur une vaste base de données, a comparé les résultats de patients traités par CRT à ceux traités uniquement par radiothérapie.
- Les chercheurs soulignent la nécessité de mener des essais cliniques plus approfondis pour confirmer ces résultats et identifier les patients qui pourraient bénéficier le plus de cette approche thérapeutique.
Le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) est la forme la plus fréquente de cancer du poumon et la principale cause de décès par cancer dans le monde. Le traitement précoce est crucial pour améliorer le pronostic, et les avancées technologiques ont rendu les options thérapeutiques plus accessibles. Si la chirurgie reste la meilleure option pour les stades précoces, elle peut être trop risquée pour les patients plus âgés ou fragilisés. La radiothérapie stéréotaxique corporelle (SBRT) est souvent privilégiée dans ces cas, mais la chimioradiothérapie (CRT) représente une alternative.
Une étude récente, publiée dans Translational Cancer Research, a cherché à déterminer si la CRT était plus efficace que la radiothérapie seule chez les patients âgés atteints d’un CPNPC de stade II qui ne pouvaient pas être opérés. Les chercheurs ont analysé les données de la base de données Surveillance, Épidémiologie et Résultats finaux du National Cancer Institute, portant sur 2 646 patients âgés de 65 ans ou plus diagnostiqués entre 2010 et 2017. Pour affiner l’analyse, ils ont utilisé une technique d’appariement par score de propension, réduisant le nombre de participants à 1 746.
Les résultats ont révélé que le groupe traité par CRT présentait une survie globale (SG) médiane de 20 mois (intervalle de confiance à 95 % : 19-21 mois), contre 16 mois (IC à 95 % : 15-17 mois) dans le groupe radiothérapie seule. Après 3 ans, les taux de survie globale étaient de 29,3 % dans le groupe CRT et de 23,4 % dans le groupe RT. Après 5 ans, ces taux étaient respectivement de 16,8 % et 11,2 %. La survie spécifique au cancer (CSS) était similaire dans les deux groupes.
Les auteurs de l’étude reconnaissent certaines limites. L’étude n’a pas pris en compte le fardeau des comorbidités des patients, et n’a pas distingué entre les schémas de CRT simultanés et séquentiels. De plus, la technique de radiothérapie utilisée n’était pas codée dans la base de données, ce qui empêche d’exclure les cas de SBRT. Enfin, les patients recevant une radiothérapie seule étaient souvent plus âgés et présentaient davantage de comorbidités, ce qui pourrait avoir influencé les résultats.
En conclusion, les chercheurs estiment que la CRT pourrait offrir de légers bénéfices en termes de survie globale et spécifique au cancer chez les patients âgés atteints d’un CPNPC de stade II non opérable. Cependant, ils insistent sur la nécessité de mener des essais cliniques prospectifs et randomisés pour confirmer ces résultats et identifier les sous-groupes de patients qui pourraient en bénéficier le plus.
Références
1. Zhang L, Xu X, Gao Y. Study of Non-Surgical Treatment Patterns and Prognosis in Elderly Patients With Stage II Non-Small Cell Lung Cancer: A SEER Database-Based Retrospective Study. Transl Cancer Res. 2025;14(10):6907-6918. doi:10.21037/tcr-2025-639
2. Cancer du poumon non à petites cellules. Clinique de Cleveland. Mis à jour le 16 janvier 2025. Consulté le 14 novembre 2025.
3. Statistiques clés sur le cancer du poumon. Société américaine du cancer. Mis à jour le 16 janvier 2025. Consulté le 14 novembre 2025.