Home SantéLa chimiothérapie adjuvante améliore la survie à long terme dans le cancer de l’endomètre

La chimiothérapie adjuvante améliore la survie à long terme dans le cancer de l’endomètre

by Sophie Martin

Publié le 13 octobre 2025 à 22h06. Une étude clinique de longue durée confirme qu’ajouter une chimiothérapie à la radiothérapie améliore significativement les chances de survie des femmes atteintes d’un cancer de l’endomètre à haut risque, avec des bénéfices particulièrement marqués pour les patientes présentant des anomalies dans le gène P53.

  • L’ajout d’une chimiothérapie adjuvante à la radiothérapie améliore la survie globale et sans récidive à 10 ans par rapport à la radiothérapie seule.
  • Le bénéfice de la chimioradiothérapie est particulièrement important pour les patientes dont le cancer de l’endomètre présente des anomalies au niveau du gène P53.
  • Les résultats proviennent d’une analyse à long terme de l’essai de phase 3 PORTEC-3, publiée dans The Lancet Oncology.

Les femmes atteintes d’un cancer de l’endomètre à haut risque peuvent bénéficier d’une meilleure prise en charge grâce à l’association d’une chimiothérapie et d’une radiothérapie. C’est la conclusion d’une étude clinique menée par le groupe néerlandais d’oncologie gynécologique, dont les résultats à 10 ans ont été publiés dans la revue The Lancet Oncology. L’essai PORTEC-3 (NCT00411138) a comparé l’efficacité de la radiothérapie seule à celle de la radiothérapie combinée à une chimiothérapie adjuvante.

Sur une période de suivi médiane de 10,1 ans, l’étude a révélé que 84 patientes sur 330 traitées par chimioradiothérapie étaient décédées, contre 105 sur 330 dans le groupe ayant reçu uniquement une radiothérapie. Parmi ces décès, 65 (77 %) et 85 (81 %) étaient liés au cancer de l’endomètre. Le taux de survie globale estimé à 10 ans était de 74,4 % (intervalle de confiance à 95 % : 69,8 % – 79,4 %) dans le groupe chimioradiothérapie, contre 67,3 % (intervalle de confiance à 95 % : 62,3 % – 72,7 %) dans le groupe radiothérapie seule (HR ajusté, 0,73 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,54 – 0,97 ; P = 0,032).

De plus, 91 patientes du groupe chimioradiothérapie et 107 du groupe radiothérapie ont présenté une récidive de la maladie. Le taux de survie sans récidive estimé à 10 ans était de 72,8 % (intervalle de confiance à 95 % : 67,2 % – 77,6 %) pour le groupe chimioradiothérapie, contre 67,4 % (intervalle de confiance à 95 % : 61,7 % – 72,4 %) pour le groupe radiothérapie seule (HR ajusté, 0,74 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,56 – 0,98 ; P = 0,034). La survie médiane après récidive était similaire dans les deux groupes (1,4 an pour la chimioradiothérapie et 1,2 an pour la radiothérapie seule ; P = 0,90).

L’analyse par sous-groupes moléculaires a mis en évidence des différences notables. Chez les patientes dont le cancer de l’endomètre présentait des anomalies au niveau du gène P53, le taux de survie globale à 10 ans était de 52,7 % (intervalle de confiance à 95 % : 40,8 % – 68,1 %) avec la chimioradiothérapie, contre seulement 36,6 % (intervalle de confiance à 95 % : 25,0 % – 53,7 %) avec la radiothérapie seule (HR ajusté, 0,52 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,30 – 0,91 ; P = 0,021). Les résultats étaient moins probants pour les autres sous-types moléculaires.

Selon les chercheurs, ces résultats confirment l’intérêt de la chimioradiothérapie pour les patientes atteintes d’un cancer de l’endomètre à haut risque.

« Cette analyse à long terme de l’essai PORTEC-3 confirme les conclusions précédentes d’une amélioration significative de la survie globale et sans récidive avec la chimioradiothérapie par rapport à la radiothérapie seule pour les patientes atteintes d’un cancer de l’endomètre à haut risque. Le bénéfice clinique le plus important de la chimioradiothérapie semble concerner les cancers présentant des anomalies au niveau du gène P53. »

L’essai PORTEC-3 a inclus des patientes adultes atteintes d’un cancer de l’endomètre à haut risque, défini selon des critères précis liés au stade de la maladie, au grade tumoral et à l’histologie. Les patientes ont été réparties aléatoirement pour recevoir soit une chimioradiothérapie adjuvante, soit une radiothérapie seule. Le protocole de radiothérapie consistait en une dose de 48,6 Gy administrée en fractions de 1,8 Gy, avec un boost de curiethérapie en cas d’atteinte cervicale. Le groupe chimioradiothérapie a reçu la même radiothérapie, associée à deux cycles de cisplatine (50 mg/m2) pendant la radiothérapie, suivis de quatre cycles de carboplatine et de paclitaxel (175 mg/m2) à intervalles de trois semaines.

Référence

Post CC, de Boer SM, Powell ME et al. Adjuvant chemoradiotherapy versus radiotherapy alone in women with high-risk endometrial cancer (PORTEC-3): 10-year clinical outcomes and post-hoc analysis by molecular classification. Lancet Oncol. 2025; 26: 1370-1381.

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