Publié le 28 novembre 2023 14:35:00. La Chine et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) ont renforcé leurs liens économiques en signant une mise à niveau de leur accord de libre-échange, axée sur le numérique et les enjeux environnementaux, dans un contexte de tensions commerciales internationales.
- La Chine et l’ASEAN ont signé une version actualisée de leur accord de libre-échange, la 3.0.
- L’accord vise à faciliter le commerce et les investissements, notamment dans les secteurs de l’économie numérique, de l’agriculture et de la pharmacie.
- Cette initiative intervient alors que Pékin cherche à consolider ses relations avec l’ASEAN face aux tarifs douaniers américains et aux préoccupations géopolitiques en mer de Chine méridionale.
Kuala Lumpur – La Chine et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) ont officialisé ce mardi une mise à niveau de leur accord de libre-échange, une étape saluée par les dirigeants des deux parties comme un catalyseur de croissance économique et d’intégration régionale. L’accord révisé met l’accent sur des domaines clés tels que l’économie numérique, les pratiques vertes et les nouvelles industries, reflétant les priorités stratégiques des deux partenaires.
L’ASEAN, regroupant onze pays, est déjà le premier partenaire commercial de la Chine, avec un volume d’échanges bilatéraux ayant atteint 771 milliards de dollars américains (environ 686 milliards d’euros) l’année dernière, selon les données de l’organisation régionale. Cette intensification de la coopération intervient alors que Pékin cherche à diversifier ses marchés et à réduire sa dépendance aux exportations vers les États-Unis, en particulier face aux droits de douane imposés par l’administration américaine.
« Nous devons accélérer la libéralisation et la facilitation du commerce et des investissements et renforcer l’intégration et l’interdépendance industrielles »,
Li Qiang, Premier ministre chinois
Pékin affiche sa volonté de se positionner comme une économie ouverte, malgré les critiques concernant ses restrictions croissantes à l’exportation de terres rares et d’autres minéraux stratégiques. La mise à niveau de l’accord avec l’ASEAN est perçue comme un signal fort en ce sens.
Signée lors d’un sommet de l’ASEAN en Malaisie, cette version 3.0 de l’accord de libre-échange, dont les négociations ont débuté en novembre 2022 et se sont conclues en mai 2023, promet un accès amélioré aux marchés dans des secteurs variés, notamment l’agriculture, l’économie numérique et l’industrie pharmaceutique. Le Premier ministre de Singapour, Lawrence Wong, a souligné que cette mise à niveau réduirait les barrières commerciales et renforcerait la connectivité des chaînes d’approvisionnement.
La Chine et l’ASEAN sont également membres du Partenariat économique régional global (RCEP), le plus grand bloc commercial du monde, qui représente près d’un tiers de la population mondiale et environ 30 % du produit intérieur brut mondial. Un sommet du RCEP s’est tenu lundi à Kuala Lumpur, le premier en cinq ans.
Cependant, la coopération économique régionale est confrontée à des défis, notamment les tensions géopolitiques en mer de Chine méridionale. Lundi, le président philippin Ferdinand Marcos Jr. a dénoncé l’attitude agressive de la Chine dans cette zone contestée, ce à quoi Pékin a répondu en accusant Manille de provocation. La Chine revendique la quasi-totalité des voies maritimes riches en ressources de la mer de Chine méridionale, ce qui suscite des différends avec plusieurs pays de la région.
« Nous devons renforcer la confiance stratégique mutuelle… et œuvrer pour une conclusion rapide [du] Code de conduite en mer de Chine méridionale. »
Li Qiang, Premier ministre chinois
Parallèlement, la Chine est engagée dans une guerre commerciale avec les États-Unis depuis l’imposition de droits de douane élevés sur les produits chinois par l’administration Trump. Pékin dénonce ce protectionnisme tout en renforçant ses contrôles sur l’exportation de minéraux essentiels, dont elle détient une part prépondérante de la production mondiale (plus de 90 % des terres rares). Les négociateurs chinois et américains se sont rencontrés à Kuala Lumpur ce week-end pour tenter de trouver un terrain d’entente, en vue d’une rencontre entre les présidents Xi Jinping et Donald Trump à Séoul.
La Chine a insisté sur la nécessité d’une coopération économique accrue dans la région, soulignant l’importance d’un commerce ouvert et dénonçant toute forme de “loi de la jungle” où les pays puissants imposent leur volonté aux plus faibles.
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