Home SantéLa chirurgie robotique de la prostate ou du rein à port unique offre des avantages périopératoires

La chirurgie robotique de la prostate ou du rein à port unique offre des avantages périopératoires

by Sophie Martin

Publié le 10 octobre 2024 14h38:00. Une nouvelle étude révèle que la chirurgie robotique à un seul port (SP) offre des avantages significatifs par rapport à la technique multiport (MP) dans le traitement des maladies de la prostate et des reins, notamment une réduction des pertes sanguines et une convalescence plus rapide.

  • La chirurgie robotique à un seul port est associée à une perte de sang moindre, à une durée d’hospitalisation plus courte et à une diminution de la douleur postopératoire.
  • Les résultats fonctionnels et oncologiques semblent comparables entre les deux approches pour la prostatectomie radicale.
  • La néphrectomie partielle réalisée par voie unipolaire implique une période d’ischémie chaude plus longue.

Les interventions chirurgicales assistées par robot, utilisant une approche multiport (MP), se sont largement répandues dans le monde entier pour traiter diverses affections urologiques, bénignes comme malignes. En 2018, la plateforme Da Vinci à port unique (SP) d’Intuitive Surgical (site web de l’entreprise) a été approuvée par la Food and Drug Administration américaine (FDA) pour les procédures urologiques. La prostatectomie radicale (simple ou totale), ainsi que la néphrectomie partielle ou radicale, sont actuellement les interventions urologiques les plus fréquemment réalisées grâce à cette technologie.

Une revue systématique et une méta-analyse récentes ont été menées pour évaluer les résultats obtenus en termes de périopératoire, de fonction et d’oncologie, en comparant les techniques SP et MP pour la prostatectomie radicale assistée par robot (RARP), la prostatectomie simple (RASP), la néphrectomie partielle (RAPN), la néphrectomie radicale (RARN) et la pyéloplastie (RAP). Les chercheurs ont analysé les publications scientifiques disponibles jusqu’en décembre 2024. L’analyse comprenait 26 études sur la RARP, 3 sur la RASP, 9 sur la RAPN, 1 sur la RARN et 2 sur la RAP. Le risque de biais a été jugé faible à modéré pour 85 % des études, mais 6 d’entre elles (15 %) présentaient un risque plus élevé.

Les résultats ont démontré que, comparée à la RARP utilisant la technique MP, l’approche SP était associée à une perte sanguine estimée significativement plus faible (différence moyenne standardisée de 0,51 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,16 à 0,87), à une durée de séjour hospitalier plus courte (DMS : 1,12 ; IC à 95 % : 0,63 à 1,62), à une durée de cathétérisme réduite (DMS : 0,26 ; IC à 95 % : 0,30 à 1,63) et à une diminution de la douleur postopératoire (DMS : 0,12 ; IC à 95 % : 0,04 à 0,35) chez les patients atteints d’un cancer de la prostate. L’équipe du Dr Ficarra a publié ces conclusions dans la revue European Urology. Aucune différence n’a été observée en termes de préservation des nerfs, de taux de complications ou de réadmissions, mais l’ablation des ganglions lymphatiques était plus fréquente avec la RARP utilisant la technique MP.

Pour la RASP, la seule différence significative relevée était un besoin plus important en opioïdes (équivalent en morphine, DMS : 0,59 ; IC à 95 % : 0,01–1,16) dans le groupe MP.

Chez les patients ayant subi une RAPN, la procédure SP était associée à une durée d’ischémie chaude significativement plus longue que la MP (DMS : –0,32 ; IC à 95 % : –0,58 à –0,06). Cependant, la durée d’hospitalisation (DMS : 0,31 ; IC à 95 % : 0,03 à 0,59) et la douleur ressentie le premier jour après l’opération (DMS : 0,22 ; IC à 95 % : 0,01 à 0,43) étaient moindres avec l’approche SP. Les autres paramètres périopératoires, tels que la perte de sang, la technique sans clampage, le taux de complications et les marges chirurgicales positives, n’ont pas présenté de différences notables entre les deux groupes.

La seule étude portant sur la RARN et les deux études sur la RAP n’ont pas mis en évidence de différences significatives entre les deux approches, au-delà de la durée de l’intervention.

« Bien que la majorité des études comparatives existantes se concentrent sur les patients subissant une RARP, notre méta-analyse démontre que la SP-RARP est associée à plusieurs avantages périopératoires, notamment une réduction des pertes sanguines estimées, une intensité de douleur postopératoire plus faible et une durée d’hospitalisation réduite par rapport à la RARP utilisant la technique MP. »

Dr Vincenzo Ficarra, professeur et chef du service d’urologie à l’Université de Messine en Italie

Les chercheurs soulignent également que l’utilisation d’une seule incision cutanée contribue à de meilleurs résultats esthétiques et à une plus grande satisfaction des patients. Ils notent que la SP-RARP semble offrir des résultats oncologiques et fonctionnels précoces comparables à ceux obtenus avec l’approche MP.

Il est important de souligner que les études incluses dans cette analyse ne constituaient pas des essais contrôlés randomisés et présentaient une hétérogénéité en termes de techniques chirurgicales et de définitions des résultats.

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