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La chute de Maduro aura un impact direct sur l’économie argentine : Vaca Muerta, inflation et obligations

Publié le 4 janvier 2026 à 05h34. L'intervention militaire ordonnée par Donald Trump au Venezuela pourrait entraîner une baisse significative des prix du pétrole, avec des répercussions potentielles sur la production argentine de pétrole non conventionnel et les…

La chute de Maduro aura un impact direct sur l’économie argentine : Vaca Muerta, inflation et obligations

Publié le 4 janvier 2026 à 05h34. L’intervention militaire ordonnée par Donald Trump au Venezuela pourrait entraîner une baisse significative des prix du pétrole, avec des répercussions potentielles sur la production argentine de pétrole non conventionnel et les finances publiques.

  • La chute du régime de Nicolás Maduro pourrait libérer sur le marché mondial une offre pétrolière importante, en raison des vastes réserves du Venezuela (303 milliards de barils).
  • Les États-Unis, bien que seulement 11e au classement mondial des réserves, pourraient bénéficier d’une baisse des prix à la pompe en cette année électorale.
  • L’Argentine, avec un excédent énergétique important, devra surveiller l’impact d’un baril de pétrole durablement inférieur à 60 USD sur son projet Vaca Muerta.

Les marchés financiers attendent ce dimanche les premières conséquences économiques de l’opération militaire américaine au Venezuela. Ce pays, doté des plus importantes réserves de pétrole de la planète, représente un enjeu stratégique majeur pour l’ensemble du continent américain et pour le marché mondial de l’énergie.

Avec 303 milliards de barils de réserves prouvées, le Venezuela dépasse des puissances pétrolières telles que l’Arabie saoudite, l’Iran et le Koweït. Les États-Unis ne disposent que de la 11e place dans ce classement. Cette situation explique l’importance de l’analyse de cette intervention, au-delà des considérations politiques et idéologiques.

Les premiers effets sur le prix du pétrole devraient se faire sentir dès ce soir. Une baisse significative est envisageable, compte tenu de l’anticipation d’une augmentation de l’offre vénézuélienne. Cependant, cette transition ne sera pas immédiate, car le secteur pétrolier vénézuélien souffre d’un désinvestissement prolongé.

Le baril de référence West Texas Intermediate (WTI) s’échangeait déjà sous la barre des 60 USD et cette tendance à la baisse pourrait s’accentuer. L’Argentine devra donc surveiller de près l’impact sur la production et les investissements futurs dans la formation rocheuse de Vaca Muerta.

L’équilibre énergétique argentin est actuellement excédentaire, contribuant de manière significative à la génération de devises. En novembre dernier, ce solde atteignait près de 7 milliards de dollars, soit une augmentation de 45 % par rapport à l’année précédente.

Un prix du baril durablement inférieur à 60 USD pourrait toutefois avoir des conséquences négatives sur la rentabilité de la production de pétrole et de gaz non conventionnels. Quel serait l’avenir de ces exploitations si le baril venait à approcher les 50 USD ?

En attendant l’ouverture des marchés, la spéculation bat son plein. Un rapport du cabinet de conseil indien Incred Capital a analysé l’impact économique de l’offensive américaine. Selon ce rapport, « l’offre pétrolière vénézuélienne n’est pas pertinente pour le marché actuel, mais sa redistribution l’est marginalement. Il y aurait moins de disponibilité pour la Chine, en pleine dispute commerciale, et un volume plus important pour l’Inde, qui s’inquiète de sa dépendance croissante à la Russie. »

Cette situation pourrait contribuer à maintenir le prix de l’essence sous contrôle aux États-Unis, un facteur clé en cette année électorale. Un prix bas favoriserait les consommateurs américains et pourrait contribuer à une plus grande stabilité des prix, voire à une nouvelle baisse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine (FED).

« 2026 est une année électorale aux États-Unis : un prix bas du pétrole profite aux consommateurs nord-américains, peut contribuer à une plus grande stabilité des prix et entraîner une nouvelle baisse des taux de la Fed. »

En Argentine, malgré la baisse des prix du pétrole, le prix des carburants a continué d’augmenter après les élections. YPF, la compagnie pétrolière nationale, doit reconstituer ses marges et les taxes sur les carburants ont également augmenté.

Actuellement, le prix de l’essence et du diesel est supérieur de 10 à 15 % à la parité d’importation. Les compagnies pétrolières sont donc peu incitées à exporter davantage, préférant vendre sur le marché intérieur. YPF n’a pas encore manifesté d’intérêt à communiquer sur cette baisse des prix internationaux, continuant d’ajuster à la hausse les tarifs.

L’évolution du prix du baril de pétrole est cruciale pour évaluer l’impact sur Vaca Muerta et le potentiel d’exportation de l’Argentine. D’autres considérations, allant au-delà de l’énergie, entrent également en jeu.

Le président argentin Javier Milei a saisi cette opportunité pour renforcer l’alliance avec les États-Unis. Il a été l’un des premiers chefs d’État à soutenir Donald Trump, ce qui était prévisible compte tenu de l’aide exceptionnelle du Trésor américain qui a soutenu la dévaluation du peso argentin avant les élections.

Une transition ordonnée au Venezuela faciliterait la perception de l’Amérique latine comme une région plus fiable pour les investisseurs. Wall Street qualifie cela de « se trouver dans un bon voisinage ». Les actifs argentins, notamment les obligations, pourraient en bénéficier.

Les actifs vénézuéliens devraient connaître une forte hausse lundi, notamment les obligations en défaut émises par le pays et par PDVSA, la compagnie pétrolière nationale. Un processus de restructuration de la dette, après des années de défaut de paiement, est attendu.

Une semaine importante s’annonce pour l’Argentine, avec un paiement de 4,2 milliards de dollars prévu vendredi. La volonté de payer est affirmée, mais la source des fonds reste à déterminer. Le plus probable est que les banques internationales fourniront les fonds restants, comme promis par le ministre de l’Économie Luis « Toto » Caputo. Ce dernier a évoqué des offres de 7 milliards de dollars, mais environ 2 milliards de dollars supplémentaires seront nécessaires pour finaliser le paiement.

Si les investisseurs réinvestissent les fonds, cela pourrait contribuer à une baisse du risque pays en dessous de 500 points de base. Cet objectif n’avait pas été atteint en 2025, mais il est envisageable de l’atteindre cette année.

Une réaction positive des marchés suite aux événements au Venezuela pourrait favoriser cet objectif. Pour l’instant, le Bitcoin – le seul actif coté ce week-end – reste stable au-dessus de 90 000 USD, ce qui est un signe encourageant pour le début de semaine.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.