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la cible de l’un d’eux pourrait être le Venezuela

by Clara Dubois

Publié le 24 octobre 2023. L’Iran renforce sa présence navale en Afrique et en Amérique du Sud, déployant deux groupes navals dans une région stratégique où les tensions s’intensifient, notamment avec les États-Unis et le Venezuela.

L’Iran a déployé ses 103e et 104e flottilles navales vers l’Afrique du Sud, a annoncé Shahram Irani, un responsable de la marine iranienne. La première de ces flottilles participera à des exercices navals conjoints avec les pays membres du BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud – initialement prévus en novembre, mais reportés en raison du sommet du G20 à Johannesburg. Ces manœuvres, baptisées Mosi-3, incluront également l’Éthiopie et l’Indonésie.

La mission de la 104e flottille est, selon Irani, d’« escorter la marine marchande ». Cette annonce pourrait signaler un retour de la présence iranienne dans le golfe d’Aden et en mer Rouge, des zones cruciales pour le commerce mondial. Cependant, une autre possibilité envisagée est un déploiement vers les eaux côtières du Venezuela, où les États-Unis ont récemment renforcé leur présence militaire, détruit des navires vénézuéliens et saisi des pétroliers, isolant de facto Caracas de la scène internationale.

Soutien mutuel à l’Iran et au Venezuela

La coopération militaire entre l’Iran et le Venezuela, deux pays producteurs de pétrole aux régimes autoritaires, remonte au début des années 2000, sous la présidence d’Hugo Chavez. Selon le site américain spécialisé dans les questions militaires Task & Purpose, l’Iran fournit au Venezuela des bateaux d’attaque rapides, des missiles antinavires, des drones, dont le modèle Mohajer-6, et même des combattants du Hezbollah.

En juin 2022, Téhéran et Caracas ont signé un accord de coopération pluriannuel (20 ans) portant sur des projets dans les domaines du pétrole, du gaz, de l’industrie et, surtout, de la défense. Le Venezuela s’est engagé à accueillir des navires de guerre, des avions et des conseillers militaires iraniens. En contrepartie, l’Iran fournit du carburant, une expertise technique pour le raffinage du pétrole et une assistance dans la production de véhicules et de drones. Ces derniers, produits dans les usines vénézuéliennes, ont même reçu des noms locaux, comme Antonio José de Sucre 200, en hommage au général vénézuélien qui a combattu pour l’indépendance du pays au XIXe siècle.

L’aide iranienne permet également au Venezuela d’accéder à des technologies militaires de pointe, alors que son équipement russe, autrefois dominant, devient obsolète et difficile à entretenir en raison de la guerre en Ukraine et des sanctions imposées à la Russie. Les deux pays collaborent également pour contourner les sanctions occidentales.

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