Publié le 16 décembre 2025 à 14h20. Des tensions montent au Honduras alors que le Conseil national électoral (CNE) craint de perdre le contrôle du processus électoral suite à des irrégularités constatées et des manifestations de partisans du parti au pouvoir.
- Ana Paola Hall, conseillère présidentielle du CNE, alerte sur un risque sérieux de remise en cause du scrutin du 30 novembre.
- Des militants du Parti Liberté et Refondation (Libre) manifestent devant l’Institut national de formation professionnelle (Infop), où se trouve le matériel électoral, en perturbant le contrôle spécial des votes.
- Le CNE a demandé le soutien des forces armées pour assurer la sécurité de son personnel et des installations de l’Infop.
Le Conseil national électoral (CNE) du Honduras est confronté à une crise potentielle qui pourrait compromettre l’intégrité des élections générales du 30 novembre. Ana Paola Hall, conseillère présidentielle du CNE, a exprimé lundi son inquiétude face à un risque « considérable » de perdre le processus électoral, soulignant que les citoyens ont « durement combattu » pour exercer leur droit de vote dans un climat de paix.
« Peuple hondurien : le risque de perdre notre liberté est considérable et, par conséquent, de perdre le processus électoral pour lequel les citoyens se sont battus si durement avec une conduite exemplaire et un désir de paix. »
Ana Paola Hall, conseillère présidentielle du CNE
Selon Mme Hall, des actions sont en cours qui entravent le lancement de l’examen spécial de plus de 2 700 registres électoraux présentant des incohérences. Face à cette situation, le CNE a sollicité l’appui du chef d’état-major interarmées des Forces armées pour garantir la sécurité du personnel du CNE, du matériel électoral et des installations de l’Infop.
Parallèlement, des tensions se sont manifestées devant l’Infop, où des petits groupes de militants du Parti Liberté et Refondation (Libre), au pouvoir, ont organisé des manifestations. Des incidents ont été signalés, avec des manifestants masqués jetant des pierres et brûlant des pneus à proximité de l’institut. Des troubles ont également été constatés à l’intérieur de l’Infop.
Le CNE a indiqué avoir demandé aux partis politiques de s’assurer que les membres des commissions spéciales chargées du contrôle spécial respectent la loi et ne s’opposent pas à la procédure électorale. De plus, il a fait appel au Barreau hondurien pour qu’il envoie des notaires afin de documenter les événements survenus à l’Infop, en vue d’éventuelles poursuites judiciaires.
Mme Hall a également lancé un appel à la communauté internationale et aux observateurs électoraux pour qu’ils documentent « l’attaque inacceptable contre la démocratie » et qu’ils restent vigilants face à une situation qui pourrait avoir des conséquences graves pour le pays. Elle a conclu en avertissant ceux qui « sapent la démocratie du Honduras » que « le monde regarde et l’histoire juge sans relâche ! »
Le CNE du Honduras dispose jusqu’au 30 décembre pour annoncer les résultats définitifs des élections. À ce jour, avec 99,80 % des bulletins de vote dépouillés, le candidat présidentiel du Parti national, Nasry « Tito » Asfura, est en tête avec 1 305 033 voix (40,54 %), suivi par Salvador Nasralla, du Parti libéral, avec 1 261 849 voix (39,19 %). La candidate du Parti Liberté et Refondation (Libre), Rixi Moncada, arrive en troisième position avec 618 448 suffrages (19,29 %).
