Home SantéLa comète 3I/ATLAS montre des explosions de gaz et de poussière à l’approche du Soleil

La comète 3I/ATLAS montre des explosions de gaz et de poussière à l’approche du Soleil

by Sophie Martin

Publié le 5 décembre 2023. Des scientifiques ont détecté des signes d’activité cryovolcanique sur une comète interstellaire, 3I/ATLAS, offrant une opportunité unique d’étudier la composition et les processus de formation des systèmes planétaires au-delà du nôtre.

  • La comète 3I/ATLAS présente des similitudes surprenantes avec les objets trans-neptuniens de notre système solaire.
  • Des explosions de gaz et de poussière observées indiquent une activité cryovolcanique, probablement déclenchée par la sublimation du dioxyde de carbone solide.
  • Cette comète, qui voyage à une vitesse d’environ 221 000 kilomètres par heure, est le troisième objet interstellaire jamais détecté.

Une équipe internationale de chercheurs a observé une activité inhabituelle sur la comète interstellaire 3I/ATLAS alors qu’elle s’approchait du Soleil. Des éclats de matière ont été détectés, suggérant une forme de volcanisme de glace, ou cryovolcanisme. Les résultats de cette étude, publiés sous forme de prépublication sur arXiv le 24 novembre, sont en attente de validation par la communauté scientifique.

L’étude révèle que 3I/ATLAS partage des caractéristiques avec les objets trans-neptuniens (OTN), des corps glacés situés au-delà de l’orbite de Neptune et souvent comparés à des planètes naines. Cette ressemblance est d’autant plus frappante que cette comète est originaire d’un autre système stellaire. “Nous avons tous été surpris”, a déclaré Josep Trigo-Rodríguez, chercheur à l’Institut des sciences spatiales (CSIC/IEEC) en Espagne, selon Science en direct.

« En tant que comète formée dans un système planétaire éloigné, il est remarquable que le mélange de matériaux qui composent la surface de cet objet présente des similitudes avec les objets transneptuniens, des objets qui se forment à de grandes distances du Soleil mais appartiennent à notre système planétaire. »

Josep Trigo-Rodríguez, chercheur à l’Institut des sciences spatiales (CSIC/IEEC)

Les observations ont été réalisées à l’aide du télescope Joan Oró de l’observatoire de Montsec, en Espagne, et complétées par des données provenant d’autres observatoires. L’activité de sublimation, c’est-à-dire le passage de la glace directement à l’état gazeux, a été particulièrement marquée lorsque la comète se trouvait à environ 378 millions de kilomètres (235 millions de miles) du Soleil, le 29 octobre, lors de son passage au périhélie (le point de son orbite le plus proche du Soleil). Les images haute résolution capturées par le télescope Joan Oró ont révélé des éjections de gaz et de poussière, interprétées comme des preuves de cryovolcanisme.

Les chercheurs pensent que ce cryovolcanisme est déclenché par une réaction chimique interne, lorsque le dioxyde de carbone solide se sublime sous l’effet de la chaleur. Ce processus pourrait permettre à des fluides oxydants de réagir avec les grains et les sulfures métalliques de fer-nickel présents dans la comète.

Pour déterminer la composition de 3I/ATLAS, l’équipe a comparé son spectre à celui d’échantillons de chondrites carbonées, des météorites anciennes collectées par la NASA en Antarctique. L’un de ces échantillons contenait des fragments supposés provenir d’un objet trans-neptunien, et l’analyse a révélé des similitudes compositionnelles avec la comète interstellaire.

Bien que son comportement rappelle celui d’un OTN, la trajectoire hyperbolique de 3I/ATLAS confirme qu’elle n’est pas originaire de notre système solaire. La NASA a précisé que la comète a été détectée pour la première fois à une vitesse d’environ 221 000 kilomètres par heure, une vitesse incompatible avec une orbite liée à la gravité solaire.

Josep Trigo-Rodríguez souligne l’importance de l’étude des comètes interstellaires, tant en raison de leur potentiel risque de collision que de leur valeur scientifique. Il décrit 3I/ATLAS comme un “objet remarquable”, une “capsule spatiale” contenant des informations précieuses sur la chimie en jeu dans d’autres régions de notre galaxie.

La comète 3I/ATLAS devrait quitter notre système solaire l’année prochaine, après avoir offert aux scientifiques une occasion unique d’étudier un vestige d’un autre système planétaire.

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