Home SantéLa commission d’appel déclare que le Manitoba devrait payer pour une chirurgie de la colonne vertébrale à l’étranger dans un cas « profondément préoccupant »

La commission d’appel déclare que le Manitoba devrait payer pour une chirurgie de la colonne vertébrale à l’étranger dans un cas « profondément préoccupant »

by Sophie Martin

Publié le 27 novembre 2025 à 15h31. Le Manitoba devra rembourser plus de 77 000 $ à un patient ayant subi une opération de la colonne vertébrale à l’étranger, en raison de délais d’attente inacceptables et de difficultés rencontrées dans le système de santé provincial.

  • Une commission d’appel a jugé que le patient répondait aux critères d’une intervention chirurgicale urgente.
  • Le patient a dû payer de sa poche pour une opération à l’étranger alors que son état de santé se détériorait rapidement.
  • La Commission d’appel en matière de santé du Manitoba recommande un remboursement complet des frais engagés.

La Commission d’appel en matière de santé du Manitoba (CACSM) a rendu une décision accablante, ordonnant à la province de rembourser les dépenses médicales engagées par un patient contraint de se faire opérer à l’étranger. L’homme souffrait de douleurs invalidantes et attendait une intervention chirurgicale depuis des années, confronté à des obstacles administratifs et des délais insoutenables au sein du système de santé manitobain.

Selon la décision, rendue en octobre et publiée le 29 octobre, le patient a finalement dû débourser plus de 77 000 $ (environ 56 000 $ US) pour une opération de la colonne vertébrale réalisée à l’extérieur du Canada. La CACSM estime que son état nécessitait une intervention immédiate et que les retards ont eu des conséquences graves sur sa qualité de vie.

« Ce qui rend cette situation unique, c’est l’extrême détérioration, l’impact grave sur la qualité de vie de l’appelant… et le fait qu’il a fallu quatre ans pour remédier à sa demande. »

Commission d’appel en matière de santé du Manitoba

L’histoire remonte à 2020, lorsque le patient a commencé à souffrir de douleurs lombaires dues à une sténose spinale, une affection caractérisée par un rétrécissement de la colonne vertébrale qui peut comprimer les nerfs et les vaisseaux sanguins. Une demande d’orientation vers la Clinique de la colonne vertébrale du Manitoba a été soumise, mais n’a été finalisée qu’en mars 2023.

Après une première évaluation en mars 2023, un physiothérapeute a jugé le patient non éligible à la chirurgie sans fournir d’explication. Des rendez-vous de suivi et des injections de corticostéroïdes n’ont pas apporté de soulagement. Malgré une nouvelle évaluation, le patient a continué à se voir refuser l’accès à une intervention chirurgicale.

Face à l’aggravation de ses symptômes, le patient a exploré d’autres options au Canada et à l’étranger. Un chirurgien d’une autre province a recommandé une fusion vertébrale, mais uniquement dans un établissement privé. Un chirurgien à l’étranger a confirmé sa candidature après avoir examiné ses résultats d’IRM. Le patient a finalement opté pour une opération à l’étranger en avril 2024, en raison de la douleur persistante et de la frustration face aux délais.

Santé Manitoba avait initialement rejeté la demande de remboursement en mai, invoquant l’absence d’approbation préalable d’un spécialiste manitobain et l’absence de confirmation que la procédure n’était pas « adéquatement disponible » dans la province ou ailleurs au Canada. La CACSM a contesté cette interprétation, soulignant la gravité de la situation et la durée excessive des délais.

La commission a noté qu’un médecin consultant de Santé Manitoba aurait considéré la perte des fonctions intestinales ou vésicales, survenue dans le cas du patient, comme un « signal d’alarme » justifiant une intervention urgente.

En avril 2024, le ministre de la Santé du Manitoba, Uzoma Asagwara, avait annoncé un investissement de 12 millions de dollars dans un nouveau programme de soins de la colonne vertébrale pour réduire les temps d’attente. Le gouvernement avait également mis fin à un groupe de travail chargé d’envoyer certains patients à l’extérieur de la province pour des soins, une mesure temporaire instaurée en 2022 pour réduire les arriérés.

Le bureau du ministre Asagwara a indiqué que Santé Manitoba examinait les recommandations de la CACSM et qu’une réponse serait fournie dans les 60 jours, conformément à la législation et à la politique provinciale.

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