Publié le 3 décembre 2025 à 17h29 (mis à jour le 3 décembre 2025 à 17h30). La Commission européenne a dévoilé mercredi deux pistes pour financer une aide supplémentaire à l’Ukraine, suscitant des réactions contrastées parmi les États membres, notamment en Belgique, soucieuse des potentielles représailles russes.
- La Commission propose de mobiliser les avoirs russes gelés via un « prêt de réparation » et d’emprunter sur les marchés financiers.
- La Belgique exprime des inquiétudes quant aux risques de représailles de Moscou, en raison du rôle central d’Euroclear dans la détention de ces actifs.
- L’UE est également sous pression des États-Unis, qui souhaitent que l’aide à l’Ukraine soit financée en partie par les avoirs russes gelés en Europe.
Bruxelles cherche à débloquer un financement de 90 milliards d’euros (environ 100 milliards de dollars américains) pour soutenir l’Ukraine sur les deux prochaines années. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé que cette aide est essentielle pour permettre à Kiev de se défendre et de négocier en position de force. Elle a présenté le plan au secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, qui l’a accueilli favorablement.
L’une des propositions consiste à utiliser les avoirs russes gelés comme garantie pour emprunter sur les marchés financiers. L’Ukraine ne rembourserait ce prêt que si la Russie acceptait de payer des réparations pour les dommages causés par la guerre. La Commission assure qu’il ne s’agit pas d’une confiscation, mais d’un mécanisme incitatif. Une autre option envisagée est l’émission de nouvelles dettes européennes, mais cette idée se heurte à l’opposition de certains pays, notamment l’Allemagne.
La Belgique, où se trouve le prestataire de services financiers Euroclear qui détient une part importante des actifs russes gelés, se montre particulièrement réticente. Le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a exprimé sa frustration face au manque de prise en compte de ses préoccupations :
« Nous avons le sentiment frustrant de ne pas avoir été entendus. Nos inquiétudes sont minimisées. »
Maxime Prévot, ministre des Affaires étrangères
Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a réitéré la position de son pays dans une lettre adressée à Ursula von der Leyen la semaine dernière. Bruxelles exige des garanties juridiques et financières de ses partenaires européens en cas de poursuites judiciaires ou d’ordonnances de remboursement en faveur de la Russie. Elle souhaite également que d’autres pays détenant des actifs russes participent à cet effort.
Lors du dernier Conseil des ministres de la Défense de l’UE, la chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a déclaré que tous les pays membres s’étaient accordés sur le principe du partage des risques. Cependant, l’Autriche a soulevé des questions juridiques, la ministre de la Défense Klaudia Tanner estimant que la situation est « très difficile » et que des négociations sont encore en cours.
Les chefs d’État et de gouvernement de l’UE devraient se prononcer sur les propositions de la Commission lors du sommet des 18 et 19 décembre. Parallèlement, l’UE subit des pressions de la part des États-Unis, qui souhaitent que les avoirs russes gelés en Europe soient utilisés pour financer une partie du plan de paix proposé par le président Donald Trump. Ce plan prévoit notamment que 100 milliards de dollars (environ 93,5 milliards d’euros) soient alloués à des projets de développement et à des investissements en Ukraine sous la direction américaine.
Ursula von der Leyen a conclu :
« Avec les propositions d’aujourd’hui, nous veillerons à ce que l’Ukraine ait les moyens de se défendre et de faire avancer les négociations de paix en position de force. Nous augmentons les coûts de la guerre d’agression de la Russie. Cela devrait inciter davantage la Russie à venir à la table des négociations. »
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne
