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La confusion du financement empêche les programmes nationaux d’atteindre les étudiants du BARMM

by Nicolas Lefèvre

Publié le 10 octobre 2025 01:22:00. Une commission parlementaire philippine a mis en lumière des obstacles persistants au développement de l’éducation dans la région autonome de Bangsamoro (BARMM), soulignant la nécessité d’une meilleure coordination entre les initiatives nationales et régionales pour garantir un accès équitable aux services éducatifs.

  • La Commission d’éducation du Congrès (EDCOM 2) a identifié un manque de clarté dans l’application de la loi organique de Bangsamoro, entraînant le retrait de certains programmes nationaux de la région.
  • Le taux de malnutrition dans la BARMM reste alarmant, avec plus d’un tiers des enfants de moins de cinq ans souffrant de retard de croissance (34,3 %).
  • Une coordination plus étroite est nécessaire entre le ministère de l’Éducation de base, supérieur et technique de Bangsamoro (MBHTE) et les agences nationales, notamment le ministère de l’Éducation (DepEd), la Commission sur l’enseignement supérieur (CHED) et l’Agence technique pour le développement des compétences (TESDA).

Lors d’une audience de haut niveau, la deuxième Commission du Congrès sur l’éducation (EDCOM 2) a examiné les défis systémiques qui freinent les progrès éducatifs dans la région autonome de Bangsamoro en Mindanao musulmane (BARMM). Les conclusions de cette commission, étayées par des recherches récentes de la Fondation Asie (TAF) sur la gouvernance et les politiques éducatives, mettent en évidence la complexité de la situation et la nécessité d’une approche coordonnée.

La session, dirigée par le commissaire Zia Alonto Adiong, ancien membre du Parlement de Bangsamoro, et la représentante Anna Veloso-Tuazon, a réuni des ministres et des responsables clés de la BARMM, ainsi que des représentants des ministères de l’Éducation (DepEd), de l’Enseignement supérieur (CHED) et du Développement des compétences (TESDA), ainsi que de la Commission de réglementation professionnelle (PRC), entre autres.

Si la création du ministère de l’Enseignement de base, supérieur et technique de Bangsamoro (MBHTE) a permis d’unifier la gouvernance de l’éducation et de renforcer les politiques, le consensus général est qu’il est impératif que les agences nationales formalisent les mécanismes de coordination avec le MBHTE. Une plus grande clarté est également nécessaire concernant l’inclusion de la BARMM dans les programmes nationaux, conformément à la loi organique de Bangsamoro.

Un point crucial soulevé lors de l’audience concerne l’importance d’intégrer pleinement la BARMM dans les programmes financés au niveau national. Les données montrent qu’une rupture entre les niveaux national, régional et local s’est produite après la ratification de la loi organique de Bangsamoro, entraînant le retrait de certains programmes de santé, d’éducation et de protection sociale de la région en raison d’interprétations divergentes de la loi.

Le maintien des programmes d’alimentation essentiels, tels que le programme d’alimentation supplémentaire du DSWD et le programme d’alimentation scolaire du DepEd, est particulièrement vital. La malnutrition, y compris le retard de croissance, reste un problème majeur dans la BARMM, avec un taux de 34,3 % chez les enfants de moins de cinq ans, le plus élevé du pays. Près de la moitié (49,44 %) des élèves de première année de primaire de la région sont considérés comme des lecteurs « émergents ».

« Il semble y avoir un problème avec les programmes financés au niveau national. Plusieurs agences gouvernementales… pensent que les zones de la BARMM ne peuvent jamais recevoir de services en raison du fait que la BARMM a sa propre ‘subvention globale’ »

Zia Alonto Adiong, commissaire de l’EDCOM 2

Le commissaire Adiong a expliqué que la subvention globale de la BARMM, une allocation annuelle de fonds du gouvernement national, ne doit pas être considérée comme un substitut aux programmes nationaux. Il a exprimé l’espoir que l’EDCOM 2 puisse résoudre cette question.

Il a également souligné un manque de compréhension de ce que signifie réellement l’autonomie et de la manière dont le gouvernement national peut soutenir le gouvernement de la BARMM pendant sa période de transition. Ce manque de clarté affecte la prestation des services.

L’audience a également mis en évidence la nécessité d’une coordination plus étroite entre les agences nationales – en particulier le DepEd, le CHED et le TESDA – et leurs homologues de Bangsamoro. Bien que des réunions de coordination occasionnelles aient lieu entre les agences individuelles et leurs ministères respectifs de la BARMM, il n’existe pas de mécanisme de coordination formel et global.

Le commissaire Adiong a suggéré la création d’un conseil dédié à la coordination entre les agences éducatives de la BARMM et le gouvernement national, qui pourrait être intégré à l’organisme intergouvernemental existant pour la politique fiscale, le développement des infrastructures, le développement durable et l’énergie.

Un autre problème soulevé concerne le manque de coordination entre le CHED, la PRC et le MBHTE, ce qui affecte les diplômés de la formation des enseignants. L’absence de mécanismes formels pour harmoniser les politiques et les fonctions de réglementation a créé une confusion quant à la reconnaissance des qualifications par la PRC, ce qui a entraîné des difficultés pour les candidats à l’examen d’autorisation d’exercer pour enseignants (BLEPT).

Une étude de réforme politique réalisée par la Fondation Asie, intitulée « Contextualizing Teacher Quality in BARMM: An Education Governance System Study », recommande spécifiquement la création d’un organisme intergouvernemental sur l’éducation pour assurer une planification et une discussion conjointes sur les questions impliquant les agences nationales et le MBHTE. Cette proposition vise à créer un Conseil de coordination conjoint MBHTE-CHED-PRC-TESDA.

Parmi les participants de la BARMM figuraient Eddie M. Alih, vice-ministre de l’Intérieur et du Gouvernement local ; le Dr Kadil M. Sindolinding, Jr., ministre de la Santé ; Maître Raissa Herradura Jajurie, ministre des Services sociaux et du Développement ; Ubaida Pacasem, ministre des Finances, du Budget et de la Gestion ; Abdullah Salik Jr., directeur général de l’éducation de base, ministère de l’Enseignement de base, supérieur et technique ; Mohammad Muktadir Ahmad Estrella, directeur général du ministère des Services sociaux et du Développement, et d’autres responsables de la BARMM.

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