Publié le 24 décembre 2025 à 13h08. La période des fêtes, traditionnellement associée aux célébrations en famille, voit souvent une augmentation de la consommation d’alcool, avec des conséquences potentiellement graves sur la santé physique et mentale, ainsi que sur les relations sociales, selon une psychiatre brésilienne.
- Aucune quantité d’alcool n’est considérée comme sûre pour la santé, selon l’Organisation Mondiale de la Santé.
- La consommation d’alcool chez les adolescents est en augmentation, malgré une diminution chez les adultes.
- Les urgences hospitalières constatent une hausse des cas d’intoxications et de négligence envers les enfants pendant les fêtes.
La psychiatre Alessandra Diehl, membre du conseil consultatif de l’Association brésilienne pour l’étude de l’alcool et d’autres drogues (Abad), alerte sur les risques accrus liés à la consommation d’alcool pendant les fêtes de fin d’année. Les réunions familiales et les célébrations sont souvent propices à une augmentation de la consommation, mais cette pratique peut avoir des effets néfastes sur la santé et le bien-être.
« Il n’existe pas de consommation d’alcool sûre », souligne l’experte, en s’appuyant sur des données récentes confirmées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Un rapport de l’OMS renforce l’idée que même de faibles quantités d’alcool peuvent causer des dommages.
Les conséquences immédiates de cette augmentation de la consommation sont préoccupantes. « Parmi les principaux problèmes observés durant cette période figurent les chutes, les intoxications et la surveillance réduite des enfants dans des environnements où se trouvent des adultes ivres », précise Alessandra Diehl.
Les services d’urgence pédiatriques sont particulièrement touchés. « Il est très fréquent en ce moment que les urgences pédiatriques reçoivent des cas d’enfants consommant de l’alcool parce que les adultes ne les surveillent pas adéquatement », ajoute-t-elle.
Au-delà des risques immédiats, la psychiatre met en garde contre l’augmentation des épisodes d’agressivité et le danger de mélanger alcool et médicaments. « Les gens perdent leur jugement critique et finissent par se mettre dans des situations à risque, comme conduire en état d’ébriété, en plus d’une augmentation de l’agressivité et des conflits familiaux », explique-t-elle.
Pour les personnes déjà confrontées à des problèmes d’alcool, la fin de l’année représente une période particulièrement vulnérable, avec un risque accru de rechute. « C’est une période où la consommation d’alcool est largement accessible et notre culture valorise fortement l’alcool, ce qui augmente la vulnérabilité des personnes en convalescence », prévient Alessandra Diehl.
« Boire ne peut pas être le protagoniste des fêtes. Lorsque nous glamourisons l’alcool, cela peut être un déclencheur pour les personnes émotionnellement vulnérables. »
Alessandra Diehl, psychiatre et membre du conseil consultatif de l’Abad
L’alcool est également souvent utilisé comme un moyen de faire face à la tristesse, à l’anxiété et aux frustrations courantes à cette période de l’année. « L’alcool finit par être utilisé comme anesthésie pour faire face à cet inconfort, mais cela peut aggraver les symptômes existants d’anxiété et de dépression », explique la psychiatre.
L’alcool et les jeunes
Une autre source d’inquiétude est l’augmentation de la consommation d’alcool chez les adolescents. La 3e Enquête nationale sur l’alcool et les drogues (Lenad III), réalisée en partenariat par le ministère de la Justice et de la Sécurité publique et l’Université fédérale de São Paulo (Unifesp), révèle une tendance inquiétante. Alors que la proportion d’adultes qui boivent a diminué (passant de 47,7 % en 2012 à 42,5 % en 2023), la consommation chez les adolescents a augmenté.
La consommation excessive d’alcool (60 g ou plus en une seule fois) a particulièrement augmenté chez les mineurs, passant de 28,8 % en 2012 à 34,4 % en 2023.
« Il n’y a pas de consommation modérée pour les adolescents. Selon la loi, ils ne peuvent pas boire et leur cerveau est encore en développement, ce qui peut être affecté par la consommation d’alcool. »
Alessandra Diehl, psychiatre
Alessandra Diehl critique l’attitude de certaines familles qui autorisent ou encouragent la consommation d’alcool à domicile. « Dire qu’il est préférable que les adolescents boivent sous surveillance est une affirmation extrêmement permissive et trompeuse. La prévention passe par une présence familiale plus active et des messages clairs selon lesquels l’alcool ne doit pas occuper une place centrale dans les célébrations », explique-t-elle. « On peut dire : ici, à la maison, boire n’est pas l’essentiel, et toi, en tant qu’adolescent, tu ne vas pas boire. »
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