Publié le 7 janvier 2026 14h26:00. Une décision récente de la Cour suprême de Pennsylvanie redéfinit les attentes en matière de confidentialité sur Internet, avec des implications potentielles pour les employeurs et la manière dont ils gèrent les données de leurs salariés.
- La Cour suprême de Pennsylvanie a jugé que les individus ne peuvent raisonnablement pas s’attendre à ce que leurs recherches en ligne restent confidentielles.
- Cette décision pourrait faciliter pour les employeurs l’accès aux données de navigation de leurs employés dans le cadre d’enquêtes internes.
- L’utilisation de mesures de confidentialité, telles que les VPN, peut offrir une protection accrue.
Dans une affaire portant sur une enquête criminelle, la plus haute instance judiciaire de Pennsylvanie a statué que les recherches effectuées sur Internet ne bénéficient pas de la même protection que d’autres formes de communication privée. Cette décision, rendue en décembre, pourrait avoir des conséquences importantes pour la vie privée en ligne et la manière dont les tribunaux évaluent les attentes légitimes en matière de confidentialité, notamment dans le contexte du travail.
L’affaire, Commonwealth c. Kurtz, concernait une enquête sur un crime violent. La police avait obtenu un « mandat de recherche par mot-clé inversé » auprès de Google, lui demandant d’identifier les personnes ayant recherché le nom ou l’adresse de la victime dans la semaine précédant l’agression. Google a fourni des informations, notamment l’adresse IP utilisée pour la recherche, permettant aux enquêteurs d’identifier et d’arrêter le suspect, qui a ensuite avoué les faits et d’autres crimes similaires. L’accusé a contesté la validité du mandat, arguant que la recherche dans les données de Google violait ses droits constitutionnels.
La Cour suprême de Pennsylvanie a confirmé le 16 décembre la décision des instances inférieures. Elle a estimé que Kurtz n’avait aucune attente raisonnable en matière de confidentialité concernant ses recherches sur Internet, car il transmettait volontairement des informations à un tiers, en l’occurrence Google.
« Même l’utilisation ordinaire et quotidienne d’Internet fournit des indicateurs forts de l’absence de confidentialité dans les termes ou les informations que l’utilisateur saisit volontairement dans un moteur de recherche. »
Cour suprême de Pennsylvanie
La Cour a également précisé que la Constitution de Pennsylvanie n’offrait pas de protection plus large de la vie privée en matière de recherche sur Internet que la Constitution fédérale. Elle a par ailleurs distingué l’utilisation d’Internet de la protection accordée aux données de localisation des téléphones portables, comme le précisait une décision de la Cour suprême des États-Unis datant de 2018.
Cependant, la Cour suprême de Pennsylvanie a souligné que sa décision ne concernait que « l’utilisation générale et non protégée d’Internet ». Elle a reconnu que les internautes qui prennent des mesures pour protéger leur vie privée, comme l’utilisation de réseaux privés virtuels (VPN) ou de navigateurs respectueux de la vie privée, pourraient bénéficier d’une protection constitutionnelle accrue.
Bien que cette affaire concerne une enquête criminelle, elle pourrait avoir des implications importantes pour les employeurs. Les tribunaux sont de plus en plus sceptiques quant aux allégations selon lesquelles les activités de recherche sur Internet sont privées, et la transmission volontaire de données à des tiers affaiblit considérablement les attentes en matière de confidentialité.
Dans le contexte du lieu de travail, cette décision pourrait renforcer la capacité des employeurs à collecter et à utiliser les données de recherche de leurs employés dans le cadre d’enquêtes internes, à condition qu’ils disposent de politiques claires en matière d’utilisation acceptable et de communications électroniques. Elle pourrait également influencer la manière dont les tribunaux traitent les objections à la vie privée dans les litiges civils, notamment en matière de découverte de preuves.
Les employeurs sont donc encouragés à revoir et à mettre à jour leurs politiques en matière de technologie et de confidentialité afin de refléter les réalités modernes en matière de vie privée en ligne et de s’assurer qu’elles sont conformes aux dernières décisions de justice.
Points clés à retenir pour les employeurs :
- Les tribunaux sont de plus en plus sceptiques quant aux allégations selon lesquelles les activités de recherche sur Internet sont privées.
- La transmission volontaire de données à des tiers porte atteinte considérablement aux attentes en matière de confidentialité.
- Les employeurs doivent s’assurer que leurs politiques en matière de communications électroniques et d’utilisation d’Internet reflètent fidèlement les réalités modernes en matière de confidentialité.
- Même s’il s’agit d’une affaire pénale, son raisonnement est susceptible d’influencer les conflits civils et liés au travail impliquant des informations numériques.
Nous continuerons de suivre l’évolution de ce domaine et de vous tenir informés. Abonnez-vous à System Insight de Fisher Phillips pour recevoir les dernières informations directement dans votre boîte de réception. Pour toute question, veuillez contacter votre avocat Fisher Phillips, les auteurs de cet article ou tout membre de notre groupe de pratique sur la confidentialité et la cybersécurité.
