Publié le 2024-02-29 10:32:00. La Cour suprême indienne s’apprête à édicter de nouvelles règles concernant la gestion des chiens errants, notamment en ce qui concerne leur alimentation dans les bâtiments gouvernementaux, après avoir convoqué les autorités de plusieurs États pour non-respect des réglementations en vigueur.
- La Cour suprême va préciser les modalités d’alimentation des chiens errants dans les institutions publiques.
- Les secrétaires généraux des États et territoires de l’Union ont été sommés de rendre compte des mesures prises pour contrôler la population canine, sous peine de comparaître personnellement devant la Cour.
- L’affaire, initialement déclenchée par des signalements de morsures de chiens, a été élargie à l’ensemble du territoire indien.
La Cour suprême a annoncé qu’elle publierait prochainement une ordonnance encadrant l’alimentation des chiens errants au sein des bâtiments gouvernementaux. Cette décision intervient dans le cadre d’une affaire plus large concernant la gestion de la population canine en Inde et la protection des citoyens contre les morsures et la rage. Le juge Vikram Nath, membre du tribunal, a déclaré :
« Dans quelques jours, nous publierons une ordonnance concernant les institutions gouvernementales où les employés soutiennent et encouragent les chiens dans cette région. »
Juge Vikram Nath
L’avocate Karuna Nundy, représentant une partie intervenante, avait demandé à être entendue avant la publication de cette ordonnance, mais sa requête a été rejetée. Elle a également soulevé des problèmes concernant la désignation des zones d’alimentation par les autorités locales de Delhi, une question qui sera examinée lors d’une prochaine audience.
La Cour a également exprimé son mécontentement face au manque de réactivité de certains États et territoires de l’Union. Les secrétaires généraux de ces entités avaient été convoqués pour expliquer pourquoi ils n’avaient pas soumis d’affidavits attestant du respect des règles de contrôle des naissances animales. Suite à la présentation de ces affidavits, la Cour a renoncé à exiger leur présence personnelle lors des prochaines audiences, tout en avertissant qu’un nouveau manquement entraînerait une convocation obligatoire.
L’Animal Welfare Board of India a été désigné comme partie défenderesse dans cette affaire. De plus, la Cour a autorisé l’intervention des victimes de morsures de chiens, les dispensant de l’obligation de verser une caution, contrairement aux défenseurs des animaux. Les particuliers et les ONG souhaitant intervenir dans l’affaire devront respectivement déposer 25 000 roupies (environ 280 €) et 200 000 roupies (environ 2 240 €) auprès du greffe de la Cour.
L’avocat principal Guarav Agarwal conservera son rôle d’amicus curiae dans cette affaire.
Cette affaire a été initiée le 28 juillet dernier, suite à un article du Times of India intitulé « Dans une ville traquée par les animaux errants, les enfants en paient le prix ». Le 11 août, la Cour avait exprimé de vives inquiétudes concernant le risque de morsures de chien et de propagation de la rage, ordonnant aux autorités de Delhi, ainsi que de Noida, Gurugram et Ghaziabad, de capturer les chiens errants et de les placer dans des refuges. Ces directives ont ensuite été revues le 22 août, la Cour estimant que l’interdiction totale de relâcher les chiens vaccinés et stérilisés était trop sévère. Plus d’informations sur la décision du 22 août.
La Cour a précisé que les chiens capturés devront être relâchés dans leur zone d’origine après stérilisation, vermifugation et vaccination, à l’exception des animaux atteints de rage ou présentant un comportement agressif. Elle a également ordonné l’interdiction de nourrir les chiens errants en public et la création d’espaces d’alimentation dédiés. Enfin, elle a élargi le champ d’application de l’affaire à l’ensemble du territoire indien, demandant à tous les États et territoires de l’Union de garantir le respect des règles de contrôle des naissances animales. Les requêtes similaires en instance devant les Hautes Cours seront transférées à la Cour suprême afin d’élaborer une politique nationale sur la question.
Titre de l’affaire : IN RE : « VILLE TRAQUÉE PAR LES STRAYS, LES ENFANTS PAYENT LE PRIX », SMW(C) No. 5/2025
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