Home AffairesLes marchés observent les intervenants de la Fed et les données sur l’emploi pour les indices de réduction de décembre

Les marchés observent les intervenants de la Fed et les données sur l’emploi pour les indices de réduction de décembre

by Amélie Bernard

Les marchés financiers semblent tiraillés entre l’enthousiasme débordant suscité par l’intelligence artificielle et la politique monétaire prudente de la Réserve fédérale américaine. Malgré un sixième mois consécutif de gains en octobre, avec une progression de 2,3 %, cette dynamique ne se traduit pas par une confiance sereine, mais plutôt par une vigilance accrue.

La dernière intervention de Jerome Powell, président de la Fed, n’a pas dissipé les inquiétudes. Si une baisse de taux d’intérêt de 0,25 point de pourcentage a été annoncée comme prévu, le ton du président était loin d’être accommodant. Sa déclaration selon laquelle une nouvelle baisse en décembre « n’est pas garantie » a été perçue comme un avertissement subtil, modifiant les anticipations d’une certitude à une dépendance aux données économiques.

Parallèlement, les résultats des entreprises américaines continuent d’influencer la situation. À ce stade, environ 83 % des sociétés composant l’indice S&P 500 ont dépassé les estimations des analystes, affichant une croissance bénéficiaire annuelle de près de 14 %, un chiffre remarquable compte tenu du contexte géopolitique. Le véritable défi réside toutefois dans les valorisations, qui atteignent des niveaux préoccupants. Le ratio cours/bénéfices futur (P/E) du S&P 500 a dépassé les 23 fois, son plus haut niveau depuis la bulle internet.

Les bénéfices doivent désormais soutenir la reprise, les valorisations ayant déjà atteint leur maximum. Certains analystes estiment que l’euphorie actuelle est prématurée, anticipant un ralentissement économique. Cependant, l’histoire suggère une tendance positive : depuis 1950, dans 20 cas sur 21 où l’indice S&P 500 a progressé de plus de 15 % jusqu’en octobre, il a terminé l’année en hausse. Les mois de novembre et décembre sont traditionnellement les plus porteurs pour les actions, un phénomène connu sous le nom de « rallye de Santa Claus ».

L’intelligence artificielle demeure un facteur clé, mais aussi une source d’incertitude. Des entreprises comme NVIDIA (NASDAQ:NVDA) et AMD (NASDAQ:AMD) ont vu leurs actions fluctuer malgré des perspectives de croissance prometteuses, les investisseurs évaluant le coût de cette innovation. D’autres, comme Palantir (NASDAQ:PLTR), ont rassuré le marché quant à leur capacité à financer leurs investissements dans l’IA.

La course à l’IA est en phase d’accélération, avec des dépenses en capital massives. AMD, Qualcomm (NASDAQ:QCOM) et Palantir devraient jouer un rôle important dans cette dynamique la semaine prochaine, en démontrant si l’IA peut transformer le battage médiatique en résultats tangibles.

Sur le plan macroéconomique international, la situation est contrastée. La Banque centrale australienne (RBA) devrait maintenir ses taux inchangés, les exportations coréennes continuent de croître, le commerce taïwanais est en plein essor, les salaires au Japon augmentent enfin, mais la croissance du commerce chinois pourrait ralentir à nouveau. Les Philippines, quant à elles, pourraient être confrontées à des difficultés politiques suite à des réductions de dépenses liées à la corruption. L’Asie affiche une croissance inégale, avec des points forts et des faiblesses.

Aux États-Unis, la menace d’une fermeture du gouvernement complique l’analyse économique. Les traders doivent s’appuyer sur des données alternatives, telles que les offres d’emploi, les suppressions de postes et le sentiment des consommateurs, pour évaluer la situation. La suppression de 14 000 postes chez Amazon a notamment attiré l’attention, alimentant les craintes d’un affaiblissement du marché du travail.

Le marché actuel est caractérisé par une forte concentration, avec les sept plus grandes entreprises technologiques (le « Magnificent 7 ») dominant la performance du S&P 500. Cette situation crée un déséquilibre, où la santé du marché dépend de la performance d’un nombre limité d’entreprises. Amazon, Google, Microsoft et Meta investissent massivement dans le cloud et affichent une croissance significative, tandis que NVIDIA a atteint une capitalisation boursière de 5 000 milliards de dollars (environ 5 300 milliards d’euros), confirmant la prédominance du secteur technologique.

Paradoxalement, les actions américaines n’ont pas été les plus performantes au niveau mondial cette année. Le Japon et l’Europe montrent des signes de reprise, avec des initiatives de consolidation dans les secteurs de l’aérospatiale et de l’énergie. L’ancien continent se réinvente, tandis que les États-Unis restent dépendants de la dynamique de quelques géants technologiques.

La concentration du risque est un sujet de préoccupation majeur. Le marché est comparable à un entonnoir, où les liquidités se concentrent au sommet, laissant le reste de l’indice à court de souffle. Le financement se dirige vers l’IA et les infrastructures hyperscale, mais devient plus difficile à obtenir ailleurs. Il ne s’agit pas de prédire une bulle, mais de reconnaître la fragilité du système.

La Fed est confrontée à un dilemme : maintenir la crédibilité en normalisant sa politique monétaire sans compromettre la croissance économique. Christopher Waller, membre de la Fed, a récemment plaidé pour une baisse des taux d’intérêt, soulignant que le marché du travail montre des signes de faiblesse. Son intervention est perçue comme un signal de la part de la Fed, qui semble prête à négocier avec l’inflation plutôt que de la combattre à tout prix.

Décembre sera un mois crucial, où la Fed devra prendre une décision qui aura un impact significatif sur les marchés financiers. L’orchestre s’accorde, et le moment est venu de jouer.

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