Publié le 2025-12-10 17:57:00. Une campagne de vaccination gratuite contre le virus du papillome humain (VPH) est en cours à Curitiba, mais l’adhésion des jeunes de 15 à 19 ans reste très faible, suscitant l’inquiétude des autorités sanitaires.
- Seulement 7,5 % des jeunes de 15 à 19 ans ciblés ont reçu le vaccin gratuit contre le VPH à Curitiba.
- La faible adhésion est attribuée à la désinformation, au manque de sensibilisation aux risques et à des barrières culturelles.
- La campagne gratuite se termine fin décembre, après quoi le vaccin ne sera plus disponible que dans le secteur privé.
À Curitiba, seulement 1 605 jeunes âgés de 15 à 19 ans ont été vaccinés contre le virus du papillome humain (VPH) dans le cadre de la campagne de santé publique, selon les données les plus récentes. Ce chiffre représente un taux de couverture vaccinale de seulement 7,5 % sur un public cible d’environ 21 500 personnes. Les autorités sanitaires locales tirent la sonnette d’alarme face à cette faible participation.
Cette campagne exceptionnelle vise à rattraper les vaccinations manquées entre 9 et 14 ans, conformément aux recommandations du ministère de la Santé. Le vaccin, dont le coût peut dépasser 1 000 reais (environ 200 euros) par dose dans les cliniques privées, est proposé gratuitement dans les centres de vaccination du Système Unifié de Santé (SUS).
Selon Alcides Oliveira, directeur du Centre d’épidémiologie du Département municipal de santé de Curitiba, la faible demande s’explique par plusieurs facteurs.
« La désinformation et le manque de perception du risque sont les principaux obstacles, auxquels s’ajoutent des barrières culturelles, la stigmatisation liée à la sexualité, ainsi qu’un manque d’encouragement et de conseils de la part des parents. »
Alcides Oliveira, directeur du Centre d’épidémiologie SMS
Le VPH est l’infection sexuellement transmissible la plus répandue dans le monde et est responsable de presque tous les cas de cancer du col de l’utérus, ainsi que d’autres cancers chez les hommes et les femmes. La vaccination pendant l’enfance et l’adolescence est considérée comme la stratégie de prévention la plus efficace.
Les autorités sanitaires soulignent l’importance de la vaccination pour éviter des problèmes de santé publique majeurs.
« Le VPH est associé à près de 100 % des cas de cancer du col de l’utérus, à 90 % des cas de cancer anal, à 60 % des cas de cancer du pénis et à une proportion croissante de cancers de la bouche et de la gorge. Ces cancers sont évitables grâce à la vaccination. »
Représentant du SMS
Le traitement de ces cancers et de leurs lésions précancéreuses est non seulement coûteux, mais aussi éprouvant sur le plan physique et émotionnel pour les patients et leurs familles. Le coût d’une seule dose de vaccin est donc dérisoire comparé au coût d’un traitement contre le cancer.
En 2025, Curitiba a atteint une couverture vaccinale de 100 % contre le VPH pour la tranche d’âge de 9 à 14 ans, grâce à des stratégies de recherche active et de vaccination dans les écoles. L’enjeu actuel est de vacciner les jeunes de 15 à 19 ans, un public majoritairement masculin souvent absent des programmes de vaccination, et dont le faible taux de couverture est à l’origine des chiffres alarmants mentionnés.
Pour inverser cette tendance, les autorités de santé publique prévoient de renforcer les campagnes de communication, en dissociant le vaccin de toute connotation morale liée à la sexualité et en mettant l’accent sur la prévention du cancer pour les deux sexes. Elles envisagent également de mettre en place des stratégies de recherche active plus efficaces, notamment en proposant la vaccination dans les lieux fréquentés par les jeunes, tels que les universités, les centres commerciaux et les événements.
La période de vaccination gratuite touche à sa fin. Après décembre, le vaccin ne sera plus disponible que dans le secteur privé. Les personnes intéressées peuvent consulter la liste des centres de vaccination sur le site Imuniza Já Curitiba.
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