Publié le 2024-02-29. Une équipe de chercheurs de l’université La Trobe a mis en évidence un mécanisme insoupçonné par lequel l’organisme élimine les cellules mortes, ouvrant de nouvelles perspectives pour le traitement de maladies inflammatoires et du cancer.
- Les cellules voisines décomposent mécaniquement les cellules mourantes en fragments plus petits avant de les éliminer.
- Cette découverte remet en question les théories traditionnelles sur l’élimination des cellules mortes.
- Les résultats pourraient conduire à de nouvelles thérapies cellulaires, notamment dans la lutte contre le cancer.
Longtemps, la communauté scientifique a cru que les cellules en fin de vie se désintégraient d’elles-mêmes, fragmentées par leurs propres mécanismes internes, facilitant ainsi leur élimination par l’organisme. Une nouvelle étude, publiée dans la revue Science Advances, révèle une réalité bien plus complexe et active. Des chercheurs de l’université La Trobe ont observé que les cellules voisines jouent un rôle crucial en appliquant une force mécanique pour diviser les cellules mourantes en fragments plus petits, avant de les absorber.
Le Dr Jascinta Santavanond, à la tête de cette recherche, illustre ce processus par une analogie simple :
« Il serait assez difficile de manger une miche de pain entière. Vous devez donc la briser et en faire des bouchées qui vous conviennent pour manger et digérer. En faisant cela, vous laissez également cette petite chapelure autour, vous permettant de partager des morceaux de ce pain avec votre voisin ou vos amis. »
Dr Jascinta Santavanond, responsable de l’étude
Selon le Dr Santavanond, cette fragmentation active est une adaptation essentielle pour une élimination efficace des cellules mortes, en particulier dans les tissus où les cellules voisines ont une capacité limitée à engloutir de gros débris cellulaires. Chaque jour, environ un milliard de cellules meurent dans le corps humain. Si ces cellules ne sont pas rapidement éliminées, leur accumulation peut provoquer une inflammation et perturber le fonctionnement normal des tissus.
En réduisant les cellules mourantes à une taille optimale, les cellules environnantes améliorent leur capacité à maintenir leur propre fonction et leur stabilité. Cette découverte a des implications importantes pour la compréhension des maladies inflammatoires et auto-immunes, où l’élimination défectueuse des cellules mortes joue un rôle clé. Elle pourrait également ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques, notamment dans le domaine de l’immunothérapie contre le cancer.
L’étude a été menée en collaboration avec des chercheurs de l’Institut de recherche médicale Walter et Eliza Hall et de l’Institut Bellvitge pour la recherche biomédicale (Conseil espagnol de la recherche), avec la participation du Dr Georgia Atkin-Smith et du Dr Esteban Hoijman.
L’article complet, intitulé Les phagocytes résidents favorisent la fragmentation non autonome des cellules apoptotiques, est disponible ici.
DOI : 10.1126/sciadv.adz5264
Légende de la photo : Coupes de tissus du thymus nettoyées optiquement. Jaune – cellules épithéliales ; Magenta – cellules mourantes.