Home NouvellesLa diaspora indonésienne dénonce le procès du ministre Amran contre Tempo lors du rassemblement de Melbourne

La diaspora indonésienne dénonce le procès du ministre Amran contre Tempo lors du rassemblement de Melbourne

by Nicolas Lefèvre

Publié le 7 novembre 2025. La diaspora indonésienne d’Australie a manifesté son soutien au journal Tempo, actuellement en conflit juridique avec le ministre de l’Agriculture, Amran Sulaiman, dénonçant une atteinte à la liberté de la presse qui rappelle les pratiques répressives du passé.

  • Des membres de la communauté indonésienne de Melbourne ont organisé une action de protestation, une « Action du jeudi », devant la Bibliothèque d’État de Victoria.
  • Ils craignent que le procès intenté par le ministre Amran Sulaiman ne marque le début d’une nouvelle vague de censure sous le gouvernement Prabowo.
  • La diaspora australienne exprime sa solidarité avec les journalistes indonésiens et défend le droit à une information indépendante.

L’action de protestation, qui s’est tenue le 6 novembre 2025, s’inscrit dans la continuité d’un mouvement de soutien à Tempo déjà manifesté en avril 2025, lors de menaces de nature intimidante envers le journal. Ulya Niami Jamson, représentante de Melbourne Bergerak, a déclaré que le procès contre Tempo est une tentative de museler les voix critiques et de restreindre la liberté de la presse en Indonésie.

« Nous déclarons fermement que Melbourne Bergerak se tient aux côtés de Tempo. »

Ulya Niami Jamson, représentante de Melbourne Bergerak

Selon Pipin, surnom d’Ulya Niami Jamson, Tempo joue un rôle essentiel en donnant la parole à ceux qui sont habituellement réduits au silence et en enquêtant sur des sujets d’intérêt public, notamment la situation des agriculteurs indonésiens et les enjeux liés à la production de riz. La diaspora australienne considère que soutenir Tempo est un acte de solidarité envers la liberté de la presse et la lutte des journalistes indonésiens.

Jesslyn Mulyanto, étudiante à l’Université de Melbourne, a souligné les conséquences d’une éventuelle disparition de Tempo. Elle a averti que la suppression d’un média indépendant ne se limite pas à une faillite économique, mais constitue une menace pour la liberté de pensée et d’expression.

« Agissez pour le bien de votre liberté. »

Jesslyn Mulyanto, étudiante à l’Université de Melbourne

Melbourne Bergerak, qui fait partie du Comité international d’Indonésie Bergerak regroupant des membres de la diaspora dans 23 pays, craint que le gouvernement Prabowo ne répète les pratiques de censure du régime du Nouvel Ordre dirigé par l’ancien président Soeharto. En 1994, Tempo, ainsi que les magazines Editor et Tabloid Detik, s’étaient vu retirer leur permis d’édition (SIUPP) sous le régime de Soeharto.

Bela Kusumah, ancienne journaliste de Radio SBS basée à Melbourne, a rappelé que la répression de la presse en 1994 avait laissé des cicatrices profondes dans le paysage médiatique indonésien. Elle a critiqué la glorification de Soeharto, estimant que son bilan en matière de liberté de la presse est incompatible avec le titre de héros national.

« Soeharto ne mérite pas le titre de héros, car son bilan a réduit au silence la liberté de la presse, qui est un pilier de la démocratie. »

Bela Kusumah, ancienne journaliste de Radio SBS

Bela Kusumah considère le procès intenté par Amran Sulaiman comme une forme insidieuse de répression des médias, une tentative de réduire au silence les voix critiques par des moyens légaux.

Outre son soutien à Tempo, l’« Action du jeudi » a également exprimé son opposition à la proposition de reconnaître Soeharto comme un héros national et a demandé la libération de tous les prisonniers politiques arrêtés lors des manifestations de fin août.

Pour plus d’informations sur le soutien à Tempo, vous pouvez consulter cet article.

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