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La diminution du soutien des donateurs pourrait décourager les Syriens de rentrer chez eux

by Clara Dubois

Publié le 8 décembre 2025 à 00h43. Plus de trois millions de Syriens ont regagné leur pays depuis la fin du régime de Bachar al-Assad, mais une baisse inquiétante des financements internationaux pourrait freiner le processus de retour, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

  • Plus de 3 millions de Syriens sont rentrés chez eux depuis un an.
  • Le financement humanitaire en Syrie n’est assuré qu’à 29 % cette année.
  • Le manque de déminage et la pénurie de services essentiels entravent le rétablissement.

Le retour des Syriens dans leur pays d’origine, après des années de guerre civile et le renversement de Bachar al-Assad, est confronté à un défi majeur : la diminution drastique de l’aide internationale. Le HCR a fait état du retour d’environ 1,2 million de réfugiés, auxquels s’ajoutent 1,9 million de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Cependant, des millions d’autres hésitent encore à rentrer, craignant le manque de conditions de vie décentes.

Filippo Grandi, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, a souligné l’importance d’un soutien accru :

« Les Syriens sont prêts à se reconstruire, et la question est : le monde est-il prêt à les aider à y parvenir ? »

Filippo Grandi, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés

Plus de cinq millions de réfugiés syriens restent encore hors de leur pays, principalement dans les nations voisines comme la Jordanie et le Liban.

La situation financière est alarmante. L’effort humanitaire en Syrie, qui nécessite 3,19 milliards de dollars, n’a été financé qu’à hauteur de 29 % cette année. Cette baisse coïncide avec une réduction générale de l’aide étrangère de la part de donateurs importants, tels que les États-Unis. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme, prévoyant un fossé croissant entre les besoins et les ressources disponibles, avant que les systèmes nationaux ne puissent assurer la continuité des services.

En novembre dernier, seulement 58 % des hôpitaux syriens fonctionnaient à pleine capacité, et certains ont même été confrontés à des coupures de courant, compromettant la chaîne du froid pour la conservation des vaccins. Christina Bethke, représentante par intérim de l’OMS en Syrie, a expliqué :

« Les rapatriés retournent dans des zones souffrant d’une pénurie de médicaments, de personnel médical et d’infrastructures, ce qui accroît la pression sur des services déjà faibles. »

Christina Bethke, représentante par intérim de l’Organisation mondiale de la santé en Syrie

Outre le manque de ressources médicales, le déminage représente un obstacle majeur au rétablissement. L’organisation humanitaire Humanité et Inclusion a signalé que le financement de ces opérations ne dépasse pas 13 %, et que plus de 1 500 personnes ont été tuées ou blessées au cours de l’année écoulée à cause de munitions non explosées.

Certains acteurs humanitaires estiment que la Syrie est l’une des premières crises à subir les conséquences des réductions de l’aide internationale, la fin de la guerre étant perçue comme une sortie de la phase d’urgence nécessitant un financement prioritaire. D’autres suggèrent que certains Syriens pourraient hésiter à rentrer tant que les autorités, dirigées par le président Ahmed al-Sharaa, ne démontreront pas leur engagement envers des réformes et une responsabilisation, notamment en ce qui concerne les crimes commis contre la minorité alaouite en mars dernier.

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