Publié le 26 novembre 2023. Des changements subtils dans les habitudes de conduite pourraient signaler un déclin cognitif précoce, selon une étude américaine. L’analyse des données GPS des conducteurs permettrait d’identifier les personnes à risque avec une précision accrue.
- L’étude a démontré qu’en combinant les données de conduite avec d’autres facteurs de risque, la détection du déclin cognitif atteint une précision de 87 %.
- Les personnes atteintes de troubles cognitifs légers (TCL) ont tendance à conduire moins fréquemment, moins souvent la nuit et sur des trajets moins variés.
- Cette approche non intrusive pourrait permettre une intervention précoce pour améliorer la sécurité routière et la qualité de vie des personnes âgées.
Des chercheurs de la faculté de médecine de l’université de Washington à Saint-Louis, dans le Missouri, ont mis en évidence un lien potentiel entre les habitudes de conduite et les premiers signes de troubles cognitifs. Leur travail, publié dans la revue Neurology, suggère que l’analyse des données de géolocalisation pourrait constituer un outil précieux pour identifier les conducteurs à risque avant qu’ils ne soient impliqués dans un accident.
L’étude a porté sur 56 personnes déjà diagnostiquées avec un trouble cognitif léger (TCL), un état qui peut précéder la maladie d’Alzheimer, ainsi que sur 242 individus du même âge sans diagnostic de ce type. Tous les participants, d’un âge moyen de 75 ans, conduisaient au moins une fois par semaine et ont accepté de voir un système de suivi GPS installé dans leur véhicule.
Au début de l’étude, les habitudes de conduite des deux groupes ne présentaient pas de différences significatives. Cependant, au fil du temps, des divergences sont apparues. Les personnes atteintes de TCL ont progressivement réduit la fréquence de leurs déplacements, évité de conduire la nuit et limité la diversité de leurs itinéraires.
« L’identification précoce des conducteurs âgés qui risquent d’avoir un accident est une priorité de santé publique, mais l’identification des personnes qui ne sont pas en sécurité est un défi et prend du temps. »
Ganesh Babulal, auteur principal de l’étude
En intégrant ces informations comportementales aux données démographiques, aux résultats des tests cognitifs et à la présence éventuelle d’un gène associé à la maladie d’Alzheimer, les chercheurs ont pu améliorer significativement la précision de la détection du déclin cognitif. Selon eux, cette approche permet d’atteindre un taux de réussite de 87 %.
« L’analyse du comportement de conduite quotidien des gens est une manière relativement peu exigeante et discrète de surveiller leurs capacités cognitives et leur capacité à fonctionner. »
Ganesh Babulal, auteur principal de l’étude
Les chercheurs soulignent l’importance de respecter l’autonomie, la vie privée et le droit à l’information des individus, ainsi que de garantir le respect des normes éthiques dans l’utilisation de ces technologies. Cette méthode pourrait permettre une intervention précoce, avant qu’un accident ne survienne, une situation malheureusement fréquente aujourd’hui.
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