Publié le 2025-12-16 18:36:00. La saga judiciaire de l’homme d’affaires irlandais Seán Dunne, en faillite aux États-Unis depuis plus d’une décennie, franchit une nouvelle étape. Un juge américain a autorisé la distribution de plus de 2,8 millions de dollars à ses deux ex-épouses, malgré les tentatives de l’homme d’affaires de bloquer ces paiements.
- Un juge américain a approuvé le versement de 1,9 million de dollars à Jennifer Coyle, la première épouse de M. Dunne, et de 925 306 dollars à Gayle Killilea, sa seconde épouse.
- La distribution du reste d’une somme de plus de 16 millions de dollars (environ 15 millions d’euros) est en attente d’une décision du juge, attendue d’ici vendredi.
- M. Dunne a tenté de retarder la distribution en invoquant des procédures judiciaires en cours en Irlande, mais ses objections n’ont pas été suivies d’effet.
La juge Julie A. Manning, du tribunal américain des faillites de Bridgeport (Connecticut), a donné son feu vert pour ces paiements lors d’une audience mardi. Elle a précisé qu’elle se prononcerait également sur la répartition des fonds restants d’ici vendredi. Le syndic de faillite avait soumis un rapport final en automne, proposant une répartition des actifs, mais M. Dunne avait contesté ce plan.
Lors d’une audience en octobre, M. Dunne, intervenant par liaison vidéo depuis l’Irlande, avait argué que deux affaires pendantes devant les tribunaux irlandais pourraient remettre en question, voire annuler, sa faillite américaine. La juge Manning avait alors accepté de suspendre la distribution des fonds en attendant d’examiner ses arguments.
Le syndic de faillite a ensuite déposé une requête urgente pour débloquer les sommes destinées à Mme Coyle et Mme Killilea, afin d’éviter des pénalités fiscales qui pourraient s’appliquer si les fonds n’étaient pas versés avant la fin de l’année. M. Dunne n’a pas contesté cette requête, mais n’a pas non plus participé à l’audience de mardi, invoquant un problème de connexion internet.
« Ces personnes attendent cela depuis des années et des années. Nous souhaitons que cette affaire soit réglée, ce qui aurait l’avantage supplémentaire de résoudre la question fiscale. »
Nick Vegliante, avocat du syndic Richard M. Coan
L’avocat représentant l’Ulster Bank et la National Asset Loan Management Limited, Henry Baer, a souligné que M. Dunne avait, entre-temps, intenté une nouvelle action en justice contre l’État irlandais, le procureur général et le ministre des Finances.
« Cela dure depuis 15 ans. Je crains, Votre Honneur, que si nous attendons l’issue du procès intenté par M. Dunne, nous serons encore là dans 26 ans. »
Henry Baer, avocat de l’Ulster Bank et de la National Asset Loan Management Limited
La juge Manning a estimé que M. Dunne ne pourrait pas récupérer les fonds versés à ses ex-épouses, même si sa faillite était annulée, comme il le demande. Elle a donc ordonné le déblocage des fonds, sous réserve de la soumission d’une requête révisée par l’avocat du syndic, apportant un soutien juridique supplémentaire.
Seán Dunne avait connu le succès durant l’époque du « Celtic Tiger », accumulant un empire immobilier estimé à des centaines de millions d’euros. Cet empire s’est effondré avec la crise financière de 2008, laissant M. Dunne lourdement endetté. Il a ensuite déménagé aux États-Unis et déclaré faillite en 2013, une déclaration de faillite similaire ayant été déposée en Irlande la même année.
En 2019, un jury américain avait conclu qu’il avait transféré illégalement 19,1 millions de dollars (environ 18 millions d’euros) à sa seconde épouse, Gayle Killilea, dans le but de soustraire ces fonds à ses créanciers. M. Dunne a contesté ce verdict, allant jusqu’à la Cour suprême des États-Unis, qui a finalement refusé d’examiner son recours. Il continue de s’opposer à la distribution des fonds.
La juge Manning doit également se prononcer d’ici vendredi sur la distribution des actifs restants, qui s’élèvent à 6,1 millions de dollars (environ 5,7 millions d’euros) pour la National Asset Loan Management Limited, et à plus de 6 millions de dollars (environ 5,6 millions d’euros) pour l’Ulster Bank et la Bank of Scotland.
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