Publié le 29 octobre 2025 22:45:00. La Commission fédérale des communications (FCC) a pris une décision controversée en assouplissant les règles de cybersécurité pour les entreprises de télécommunications, une mesure dénoncée par certains élus américains comme une menace pour la sécurité nationale.
- La FCC a annulé les principales exigences en matière de cybersécurité pour les opérateurs de télécommunications.
- Cette décision intervient après une attaque informatique attribuée à un groupe affilié à la Chine, qui a compromis les communications de hauts responsables américains.
- Des élus démocrates critiquent cette initiative, estimant qu’elle affaiblit la protection des infrastructures critiques du pays.
La FCC a adopté jeudi, par deux voix contre une, une proposition visant à revenir sur les règles de cybersécurité qu’elle avait établies sous l’administration Biden. Ces règles, fondées sur une interprétation de la loi de 1994 sur l’assistance aux communications pour l’application de la loi, obligeaient les opérateurs de télécommunications à protéger leurs réseaux contre les intrusions et l’interception de communications.
Le président de la FCC, Brendan Carr, a défendu cette décision, estimant qu’elle dépassait les prérogatives de l’agence et ne constituait pas une réponse efficace aux menaces actuelles. Il a souligné que la FCC continuerait à collaborer avec l’industrie pour renforcer la sécurité des réseaux.
« La FCC a travaillé directement avec les opérateurs qui ont accepté de déployer des efforts coordonnés pour renforcer leurs réseaux contre toute une série de cyber-intrusions. »
Brendan Carr, président de la FCC
La commissaire républicaine Olivia Trusty a voté aux côtés de Carr, tandis que la commissaire démocrate Anna Gomez s’est opposée à la mesure. Gomez a critiqué le manque d’action concrète de la FCC sous l’administration Trump en matière de cybersécurité.
« La FCC de l’administration Trump n’a toujours pas proposé une seule solution concrète pour faire face à la menace croissante de cybersécurité qui pèse sur nos réseaux de communication. »
Anna Gomez, commissaire de la FCC
Cette décision a suscité de vives réactions au Congrès. Le sénateur Gary Peters (Démocrate du Michigan) a exprimé son inquiétude face à cette régression en matière de sécurité.
« J’ai été perturbé par les efforts de la FCC visant à faire reculer ces garanties de base en matière de cybersécurité, qui, en cas de succès, laisseront le peuple américain exposé et éroderont les efforts visant à renforcer notre sécurité nationale contre des attaques comme celles-ci à l’avenir. »
Gary Peters, sénateur du Michigan
La sénatrice Maria Cantwell (Démocrate de Washington), membre éminente du Comité sénatorial du commerce, des sciences et des transports, a également dénoncé cette initiative, la qualifiant de signe de faiblesse en matière de sécurité nationale. Dans une lettre adressée à Carr, elle a souligné que cette annulation intervient après un intense lobbying de la part des opérateurs de télécommunications.
L’assouplissement de ces exigences survient après qu’une attaque d’envergure menée par le groupe Salt Typhoon, lié à la Chine, a compromis les communications de hauts responsables américains l’année dernière, notamment celles de candidats à la présidence et de proches de l’ancienne vice-présidente Kamala Harris. Salt Typhoon est également accusé d’avoir piraté des systèmes d’écoute électronique des forces de l’ordre américaines et d’avoir géolocalisé une grande partie de la population américaine, ayant potentiellement compromis au moins 200 organisations américaines et des entités dans 80 pays.
Cantwell a insisté sur la nécessité de renforcer la cybersécurité des infrastructures critiques plutôt que d’affaiblir les protections existantes.
« Face à ces acteurs étrangers hautement sophistiqués, nos efforts devraient se concentrer sur l’amélioration de la cybersécurité de nos réseaux d’infrastructures critiques, et non sur l’annulation des protections existantes. »
Maria Cantwell, sénatrice de Washington
Sur le même sujet
