La Fédération de l’industrie de la construction au Nigeria alerte sur une crise aiguë de financement qui paralyse le secteur. Des retards de paiement, des résiliations de contrats et des taux d’intérêt élevés menacent la survie des entreprises et entraînent des pertes d’emplois massives à Abuja.
Le secteur de la construction au Nigeria traverse une période critique marquée par un sous-financement chronique et une imprévisibilité budgétaire qui poussent de nombreuses entreprises à cesser leurs activités ou à tourner au ralenti. Imoisili.
Inadéquation des fonds et suspension des chantiers à Abuja
Selon l’organisation professionnelle, le ralentissement marqué des chantiers au cours de l’année écoulée découle directement du décalage entre les intentions affichées dans le budget et les décaissements effectifs pour les infrastructures. Les attributions de marchés sans mécanismes de financement pluriannuel solides provoquent l’accumulation de dettes certifiées et l’arrêt forcé de nombreux projets.
La principale difficulté à laquelle est confrontée l’industrie de la construction est un financement insuffisant et imprévisible. High Chief Vincent Barrah et Fidelis E. Imoisili, Fédération de l’industrie de la construction
La plupart des entreprises membres peinent à maintenir leurs équipes en activité, faute de règlements pour les prestations déjà validées.
La plupart de nos membres qui gèrent divers projets ne travaillent pas, et ceux qui travaillent fonctionnent à très faible capacité en raison du non-paiement des travaux certifiés. High Chief Vincent Barrah et Fidelis E. Imoisili, Fédération de l’industrie de la construction
Tensions contractuelles et répercussions sur l’emploi au Nigeria
La FOCI conteste les décisions du ministère des Travaux publics concernant les résiliations de contrats, estimant que les prestataires ne sauraient être tenus pour responsables de retards imputables à l’absence de liquidités de l’employeur.
Il est avéré que nos membres ont subi des résiliations arbitraires de contrats de la part du ministère des Travaux publics. Bien que ces résiliations aient été prononcées par consentement mutuel, elles résultaient principalement d’un financement insuffisant qui a retardé l’exécution de ces projets. High Chief Vincent Barrah et Fidelis E. Imoisili, Fédération de l’industrie de la construction
Cette situation de blocage pèse lourdement sur le marché du travail. La fédération fait état de 41 800 emplois perdus durant la période examinée, touchant aussi bien 1 000 cadres supérieurs que 40 800 salariés subalternes, avec des ondes de choc directes pour leurs foyers et l’économie locale.
Imaginez les conséquences et l’effet multiplicateur sur leurs familles, les vendeuses des marchés et l’économie en général. High Chief Vincent Barrah et Fidelis E. Imoisili, Fédération de l’industrie de la construction
Inflation des coûts et pressions bancaires sur les entreprises locales
Au-delà du financement public, les variations macroéconomiques fragilisent l’équilibre financier des chantiers. La dépréciation du naira a renchéri de manière spectaculaire le coût des matériaux de base tels que le ciment, l’acier, le bitume et le diesel, rendant obsolètes les grilles tarifaires de contrats conclus les années précédentes.

Pour parer à ces difficultés, la FOCI réclame une révision concertée des conditions contractuelles associant le Bureau of Public Procurement, le Council for the Regulation of Engineering in Nigeria, le Nigerian Society of Engineers, ainsi que les ministères fédéraux de la Justice et des Travaux publics.
Cette instabilité s’accompagne de difficultés d’accès au crédit bancaire. Les taux d’intérêt pratiqués dans le secteur bancaire varient actuellement entre 20 % et 46 %, un niveau élevé qui restreint la capacité des entrepreneurs locaux à moderniser leurs équipements et à investir dans les technologies de pointe.