Home AffairesLa femme qui a ordonné le meurtre de son mari pour conserver son assurance-vie est condamnée : la victime était un sergent de l’armée

La femme qui a ordonné le meurtre de son mari pour conserver son assurance-vie est condamnée : la victime était un sergent de l’armée

by Amélie Bernard

Publié le 5 novembre 2025 à 03h03. Une femme a été reconnue coupable d’avoir commandité le meurtre de son mari en 2010, dans le but de percevoir les avantages de son assurance-vie et de sa pension. L’affaire, qui traînait depuis plus de quinze ans, a finalement abouti à une condamnation prononcée par un tribunal de Valledupar, en Colombie.

  • Ana Iris Batista Arrieta a été jugée responsable du meurtre de Jorge Eliecer Gómez Bracho, un sergent-chef de l’Armée nationale colombienne.
  • Le mobile du crime était d’ordre économique : la condamnée espérait toucher l’assurance-vie, les biens et la pension de son mari.
  • L’enquête a révélé que la femme avait non seulement commandité le meurtre, mais avait également dissimulé le statut militaire de son époux.

C’est après plus de quinze ans d’attente que la justice colombienne a finalement rendu son verdict dans l’affaire du meurtre de Jorge Eliecer Gómez Bracho, survenu le 17 août 2010 à Valledupar, dans le département de César. Ana Iris Batista Arrieta, l’épouse de la victime, a été reconnue coupable d’être le cerveau de l’assassinat.

L’enquête, menée par le parquet de la 16e section, avait mis en évidence des motivations financières claires. Au moment de sa mort, le sergent Gómez Bracho disposait d’une assurance-vie, de divers biens matériels et d’une pension, dont les bénéfices étaient destinés à sa veuve. Batista Arrieta avait apparemment l’intention de s’approprier ces ressources.

Selon des témoignages recueillis par le journal local El Pilon, la femme s’était empressée de réclamer les prestations de l’assurance-vie peu après le décès de son mari, suscitant les soupçons de l’entourage de la victime. Un proche a déclaré :

« Nous ne l’avons jamais soupçonnée jusqu’à ce que les enquêtes du parquet l’impliquent dans le meurtre de mon frère ; nous avons remarqué qu’avant la fin des neuf jours de deuil, elle était pressée de faire les déclarations d’assurance, même mon mari (le frère de la victime) lui avait dit que ce n’était pas le moment. »

Proche de la victime, cité par El Pilon

Le tribunal, dans son jugement rendu le 31 octobre 2025, a souligné que l’accusée avait agi dans un but lucratif, aggravant ainsi la gravité du crime. Les preuves techniques et scientifiques, ainsi que les témoignages d’experts médico-légaux, ont confirmé que la mort de la victime avait été causée par une arme à feu. Les éléments matériels retrouvés sur les lieux du crime ont corroboré les déclarations des auteurs du meurtre, écartant ainsi la piste d’un simple vol.

Le juge a également relevé que Batista Arrieta avait exposé la victime à deux reprises à ses assassins, avait fourni les fonds nécessaires à la commission du crime et avait dissimulé le statut militaire de son mari. Des témoignages ont également révélé l’existence de plusieurs réunions visant à planifier le meurtre et à rémunérer les tueurs à gages.

Le tribunal a conclu que l’ensemble des preuves démontrait sans équivoque la participation de la condamnée à la planification, à la coordination et au financement du meurtre de son époux, dans le seul but de s’enrichir grâce à l’assurance-vie, à la pension et aux biens de la victime. L’audience de lecture du verdict est prévue le 10 décembre 2025.

Au cours du procès, le parquet a souligné que les accusés et les condamnés avaient fourni des versions imprécises des faits lors de l’enquête et n’avaient pas contribué à identifier les auteurs du crime, malgré leur présence sur les lieux. Ce comportement a été interprété comme une tentative d’entraver les investigations.

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