Partager des moments de joie et de bonheur avec son partenaire pourrait avoir un impact direct sur la santé physique des seniors. Une étude américaine révèle que les couples âgés qui vivent des émotions positives ensemble présentent des niveaux de cortisol, l’hormone du stress, significativement plus bas.
L’étude, menée par Tomiko Yoneda et son équipe de l’Université de Californie, a analysé les données de plus de 312 couples âgés originaires du Canada et d’Allemagne. Les résultats mettent en évidence l’importance de la co-expérience émotionnelle positive dans le maintien du bien-être physique avec l’âge.
« Les résultats soulignent à quel point il peut être significatif de partager des émotions positives avec un être cher, en particulier dans la vie quotidienne. Même de petits moments de joie, de bonheur ou de connexion partagés contribuent à une meilleure santé physique à mesure que nous vieillissons », explique la neuropsychologue Yoneda.
Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont combiné les données de trois études antérieures datant de 2019, portant sur un total de 642 participants. L’étude principale s’est concentrée sur des individus âgés de 56 à 89 ans, dont l’humeur et les niveaux de cortisol ont été suivis sur une période prolongée. Les participants ont rempli quotidiennement, pendant une semaine, entre cinq et sept questionnaires courts et ont fourni des échantillons de salive pour mesurer leur taux de cortisol.
Le cortisol, une hormone essentielle produite par le cortex surrénalien, joue un rôle crucial dans la réponse du corps au stress. Si son taux augmente naturellement le matin et lors d’événements excitants, une augmentation chronique du cortisol, souvent liée au stress ou au vieillissement, peut avoir des conséquences néfastes sur la santé : troubles du sommeil, affaiblissement du système immunitaire, hypertension artérielle et risque accru de maladies cardiovasculaires.
L’étude a révélé que les couples qui partageaient des émotions positives affichaient des taux de cortisol inférieurs, et cet effet était encore perceptible le lendemain. L’humeur individuelle ou la perception du bonheur dans la relation n’étaient pas des facteurs déterminants. « Nous avons spécifiquement vérifié que l’humeur individuelle, ou si les participants à l’étude considéraient leur relation comme particulièrement heureuse ou romantique, n’était pas cruciale. Ce qui compte, c’est que les couples partagent des émotions positives ensemble, qu’il s’agisse de bonheur, de détente ou d’intérêt mutuel », précise Yoneda.
Ces recherches s’inscrivent dans le cadre de la psychologie positive, qui postule que les émotions positives, telles que la joie et l’amour, peuvent avoir un impact significatif sur la santé et le bien-être. Selon la théorie d’élargissement et de construction, l’accent mis sur les aspects positifs de la vie peut élargir les perspectives, stimuler la créativité et favoriser de nouvelles relations.
« La psychologie positive suggère que les émotions agréables et positives partagées par deux personnes ou plus peuvent se synchroniser, pour ainsi dire, et donner l’impression d’être en harmonie les unes avec les autres », explique Tomiko Yoneda. Cela peut se traduire par des sourires, des gestes d’affection et un intérêt sincère l’un pour l’autre.
La chercheuse envisage désormais d’étendre ses recherches à d’autres types de relations, comme les liens familiaux ou amicaux, afin de déterminer si les mêmes bénéfices peuvent être observés. Elle espère que ces découvertes pourront contribuer à améliorer les soins de santé des personnes âgées, y compris celles qui vivent seules.
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