Publié le 7 janvier 2026 22h45. Un débat passionné a animé la Commission permanente du Congrès mexicain sur la question d’une éventuelle intervention militaire américaine au Venezuela, révélant de profondes divisions entre les partis politiques concernant la souveraineté nationale et la politique étrangère.
- Les partis Morena et ses alliés ont fermement condamné toute ingérence américaine, défendant la souveraineté du Venezuela.
- Le PRI et le PAN ont justifié une action militaire, qualifiant le gouvernement de Nicolás Maduro de « dictature ».
- Des accusations de trahison envers la patrie ont été lancées par certains députés à l’encontre de l’opposition.
La question du Venezuela a dominé les discussions lors de la séance de mercredi, mettant en lumière les divergences profondes au sein du Congrès mexicain. Le député Emilio Ramón Ramírez, du parti Morena, a dénoncé ce qu’il considère comme une violation flagrante du droit international et de la souveraineté d’un pays frère. Il a mis en garde contre les dangers d’une intervention étrangère, soulignant que de telles actions n’ont jamais apporté la liberté en Amérique latine, mais plutôt la dépossession, la violence et la dépendance.
S’appuyant sur la pensée de l’écrivain allemand Thomas Mann, Ramírez a averti que « lorsque le fascisme reviendra, il ne dira pas ‘je suis le fascisme’, il dira ‘je suis la liberté’ ». Il a également critiqué ceux qui, au Mexique, appellent ouvertement à une intervention américaine, les accusant d’ignorer la démocratie et de trahir les principes républicains. Selon lui, ces appels à l’intervention ne visent pas à défendre la liberté, mais plutôt à servir des intérêts étrangers et à perpétuer un schéma colonialiste.
Reginaldo Sandoval Flores, coordinateur du groupe parlementaire du PT, a également exprimé son opposition à toute action militaire américaine, soulignant que les motivations de Washington seraient liées au contrôle des ressources pétrolières du Venezuela. Il a déploré la position du PRI et du PAN, la qualifiant de stratégie de « capitulation » face aux intérêts américains.
Les critiques ont été particulièrement virulentes à l’égard de l’opposition, accusée de s’adresser à des organisations internationales pour solliciter une intervention américaine au Mexique. Sandoval Flores a dénoncé une « trahison envers la patrie », affirmant que l’opposition défend les intérêts nord-américains au détriment de ceux du Mexique.
À l’issue du débat, Laura Itzel Castillo, présidente du Sénat, a proposé que le Congrès mexicain exprime sa « profonde préoccupation face à l’agression des États-Unis contre le Venezuela ». Elle a également appelé la communauté internationale à agir avec responsabilité et à respecter les normes régissant les relations entre les nations, exigeant que Washington renonce à toute action militaire contre le Venezuela et tout autre pays.
L’opposition, quant à elle, a défendu une position radicalement différente. Manuel Añorve, coordinateur des sénateurs du PRI, a qualifié Maduro de « dictateur » et de « putschiste » qui a commis une fraude électorale pour rester au pouvoir. Il a critiqué les discours patriotiques de Morena, affirmant que la souveraineté appartient au peuple et non à un tyran qui le manipule.
Ricardo Anaya, coordinateur du PAN au Sénat, a également critiqué le gouvernement mexicain pour son soutien à Maduro, soulignant qu’il n’est pas le président légitime du Venezuela, mais un « dictateur fallacieux ». Il a rappelé que Maduro a systématiquement violé la Convention américaine des droits de l’homme, et a interrogé l’engagement de Morena envers le droit international.
Anaya a suggéré que l’intérêt de Morena pour la défense du Venezuela est motivé par la crainte de voir les cartels de la drogue, déclarés organisations narcoterroristes par les États-Unis, échapper à leur contrôle.
