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La Jornada – L’odorat des flatulences est bénéfique pour les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, révèle une étude scientifique

Publié le 17 décembre 2025 à 14h07. Des chercheurs américains ont découvert que le sulfure d'hydrogène, un gaz responsable de l'odeur caractéristique des œufs pourris, pourrait avoir un effet protecteur sur le cerveau vieillissant et ralentir la progression…

La Jornada – L’odorat des flatulences est bénéfique pour les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, révèle une étude scientifique

Publié le 17 décembre 2025 à 14h07. Des chercheurs américains ont découvert que le sulfure d’hydrogène, un gaz responsable de l’odeur caractéristique des œufs pourris, pourrait avoir un effet protecteur sur le cerveau vieillissant et ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer. Cette découverte inattendue ouvre de nouvelles pistes pour la recherche de traitements contre cette maladie neurodégénérative.

  • Le sulfure d’hydrogène, à faibles doses, semble améliorer les fonctions cognitives et motrices chez des souris atteintes d’une maladie similaire à Alzheimer.
  • Les scientifiques ont identifié un lien entre la diminution de la sulfhydratation dans le cerveau et l’apparition de la maladie d’Alzheimer.
  • Une enzyme clé, la glycogène synthase ß (GSK3ß), joue un rôle crucial dans cette interaction et pourrait être une cible thérapeutique.

L’étude, menée par des chercheurs de la Johns Hopkins Medicine et publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, révèle un mécanisme surprenant par lequel le corps pourrait se défendre contre la neurodégénérescence. Jusqu’à récemment, l’étude de ce gaz, toxique en grande quantité, était limitée par le manque d’outils permettant de reproduire les faibles concentrations produites naturellement par l’organisme.

L’équipe de recherche a utilisé un composé, le NaGYY, capable de libérer lentement du sulfure d’hydrogène dans le corps de souris génétiquement modifiées pour présenter des symptômes similaires à ceux de la maladie d’Alzheimer. Après 12 semaines de traitement, les tests comportementaux ont montré une amélioration de 50 % des fonctions cognitives et motrices chez les souris traitées par rapport aux groupes témoins.

Selon le Dr Bindu Paul, auteur principal de l’étude,

« Nos nouvelles données établissent un lien étroit entre le vieillissement, la neurodégénérescence et la signalisation cellulaire via le sulfure d’hydrogène et d’autres molécules gazeuses présentes dans la cellule. »

Les chercheurs ont découvert que le sulfure d’hydrogène agit sur une enzyme appelée glycogène synthase ß (GSK3ß). En présence de niveaux adéquats de sulfure d’hydrogène, cette enzyme agit comme un messager cellulaire. Cependant, en l’absence de ce gaz, la GSK3ß a tendance à s’attacher excessivement à une autre protéine cérébrale, Tau. Cette interaction provoque la formation d’amas de protéines à l’intérieur des cellules nerveuses, perturbant la communication entre les neurones et conduisant à leur mort.

Milos Filipovic, collaborateur à l’étude, a précisé :

« Ici, en utilisant la même méthode, nous confirmons maintenant une diminution de la sulfhydratation dans le cerveau atteint d’Alzheimer. »

Le Dr Solomon Snyder, co-auteur de l’étude, explique que le sulfure d’hydrogène modifie les protéines clés grâce à un processus appelé sulfhydratation chimique. Cette sulfhydratation diminue avec l’âge et est encore plus marquée chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

Matt Whiteman, un autre collaborateur, souligne que le composé utilisé dans cette étude permet de reproduire la production naturelle de sulfure d’hydrogène par l’organisme, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques.

« En corrigeant les niveaux de sulfure d’hydrogène dans le cerveau, nous pourrions réussir à inverser certains aspects de la maladie d’Alzheimer. »

Daniel Giovinazzo, doctorant et premier auteur de l’étude, conclut :

« Comprendre la cascade d’événements est important pour concevoir des thérapies capables de bloquer cette interaction, comme le sulfure d’hydrogène est capable de le faire. »

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.