Publié le 31 octobre 2025 16:03:00. Une consommation réduite de sucre durant les mille premiers jours de la vie – incluant la période prénatale et les deux premières années de l’enfant – pourrait significativement diminuer le risque de maladies cardiovasculaires à l’âge adulte, selon une étude observationnelle menée au Royaume-Uni.
- Une exposition prolongée au rationnement du sucre durant l’enfance est associée à un risque cardiovasculaire plus faible à l’âge adulte.
- Les personnes exposées au rationnement du sucre in utero pendant plus d’un à deux ans présentent un risque réduit de maladies cardiovasculaires, d’infarctus du myocarde, d’insuffisance cardiaque et d’accident vasculaire cérébral.
- L’étude suggère que limiter l’exposition au sucre dès le plus jeune âge pourrait être une stratégie clé de prévention des maladies cardiaques.
Des recherches antérieures suggéraient déjà que la nutrition durant les premières années de la vie pouvait avoir un impact durable sur la santé. Une consommation excessive de sucre, même pendant la grossesse, a été corrélée à un risque accru de diabète, d’hypertension artérielle et d’obésité. Cependant, les preuves directes d’un lien entre la consommation précoce de sucre et la santé cardiaque à long terme restaient jusqu’à présent limitées.
L’étude, publiée dans le BMJ, s’appuie sur une « expérience naturelle » : l’analyse des données de 63 433 participants à la Biobanque britannique, nés entre octobre 1951 et mars 1956. Les chercheurs ont comparé les individus ayant été exposés au rationnement du sucre avant 1953 avec ceux nés après la fin de ces restrictions. Ils ont ainsi pu observer une corrélation entre la durée de l’exposition au rationnement et le risque cardiovasculaire à l’âge adulte.
Les résultats indiquent que ceux qui ont été exposés au rationnement du sucre pendant plus d’un à deux ans in utero présentent un risque relatif de 0,80 (intervalle de confiance à 95 % : 0,73-0,90) de développer une maladie cardiovasculaire. Les risques relatifs sont de 0,75 (0,63-0,90) pour l’infarctus du myocarde, 0,74 (0,59-0,95) pour l’insuffisance cardiaque, 0,76 (0,66-0,92) pour la fibrillation auriculaire, 0,69 (0,53-0,89) pour les accidents vasculaires cérébraux et 0,73 (0,54-0,98) pour la mortalité cardiovasculaire. L’étude précise que le diabète et l’hypertension expliquent environ 31 % de ces bénéfices, tandis que le poids à la naissance n’en représente que 2,2 %.
Des analyses complémentaires par imagerie cardiaque ont révélé de légères améliorations de la fonction cardiaque chez les participants exposés au rationnement, notamment une augmentation de l’indice de volume systolique ventriculaire gauche et de la fraction d’éjection.
Ces découvertes soulignent l’importance de limiter l’exposition au sucre dès le début de la vie. Elles suggèrent que des interventions visant à réduire la consommation de sucre pendant la grossesse et la petite enfance pourraient contribuer à la prévention des maladies cardiovasculaires à long terme. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour affiner les recommandations nutritionnelles et élaborer des stratégies préventives efficaces.
Référence
Zheng J et coll. Exposition au rationnement du sucre au cours des 1000 premiers jours après la conception et conséquences cardiovasculaires à long terme : étude expérimentale naturelle. BMJ. 2025 ; 391.