Home AffairesLa lutte d’Hollywood avec OpenAI à propos des Deepfakes de Sora 2 soulève des questions juridiques et commerciales

La lutte d’Hollywood avec OpenAI à propos des Deepfakes de Sora 2 soulève des questions juridiques et commerciales

by Amélie Bernard

Publié le 12 octobre 2025 14:52:00. L’application de création vidéo par intelligence artificielle Sora 2 d’OpenAI a connu un lancement fulgurant, attirant plus d’un million de téléchargements en quelques jours, mais elle se heurte désormais à une vive opposition de la part de l’industrie du cinéma et de familles de personnalités publiques face aux risques de violation du droit d’auteur et de création de deepfakes.

  • Sora 2 a dépassé les performances initiales de ChatGPT en termes d’adoption, atteignant plus d’un million de téléchargements en moins de cinq jours.
  • Les grands studios hollywoodiens accusent OpenAI de permettre une utilisation massive et non autorisée de contenus protégés par le droit d’auteur sur la plateforme.
  • Des familles de personnalités décédées, comme Robin Williams et George Carlin, se disent choquées par la recréation de leurs proches via l’IA.

L’application Sora 2, disponible sur iOS uniquement sur invitation, permet aux utilisateurs de générer de courtes vidéos de 10 secondes à partir de simples descriptions textuelles. Son succès initial a été remarquable, propulsant l’application au sommet des classements de l’App Store aux États-Unis et au Canada. OpenAI affirmait que son taux d’adoption était supérieur à celui de ChatGPT lors de son lancement.

Cependant, cet enthousiasme s’est rapidement heurté à des problèmes majeurs. La Motion Picture Association (MPA), qui représente des géants comme The Walt Disney Company (DIS), Warner Bros. Discovery (WBD) et Comcast (CMCSA), a accusé OpenAI de ne pas contrôler suffisamment l’utilisation abusive du droit d’auteur sur sa plateforme. Des utilisateurs ont ainsi créé des vidéos non autorisées mettant en scène des personnages emblématiques, comme James Bond jouant au poker ou Mario de Nintendo (NTDOY) dans une course-poursuite.

Initialement, OpenAI proposait aux détenteurs de droits d’auteur de se « désinscrire » pour empêcher l’utilisation de leurs œuvres. Face à la pression croissante des studios et des agences artistiques, la société a cependant modifié sa politique. Le PDG Sam Altman a annoncé l’adoption d’un système « d’acceptation préalable » (opt-in), permettant aux titulaires de droits de décider quand et comment leur matériel peut être utilisé dans Sora. Néanmoins, des utilisateurs ont déjà trouvé des moyens de contourner ces restrictions en modifiant leurs requêtes.

La capacité de l’application à recréer des personnes réelles, y compris des défunts, a suscité une vive émotion. Zelda Williams, la fille de l’acteur Robin Williams, a exprimé son désarroi face aux vidéos générées par l’IA représentant son père. Kelly Carlin, la fille du comédien George Carlin, a quant à elle déclaré recevoir quotidiennement des liens vers de fausses vidéos de son père. D’autres familles de personnalités publiques ont exprimé des préoccupations similaires.

OpenAI a annoncé qu’elle supprimerait les représentations de personnes décédées récemment à la demande de leurs représentants légaux. La société a également justifié la possibilité d’inclure des personnages historiques dans les vidéos générées en invoquant des « intérêts liés à la liberté d’expression », sans toutefois définir précisément ce que signifie « récemment décédé ».

Cette controverse s’inscrit dans un débat plus large sur le contrôle des droits créatifs à l’ère de l’intelligence artificielle. Des syndicats comme la SAG-AFTRA ont exprimé leur inquiétude quant à l’utilisation potentielle des outils vidéo d’IA pour reproduire les traits d’artistes sans leur consentement ni compensation. Des experts juridiques prévoient de longues négociations sur les questions de rémunération et de licences.

Malgré ces difficultés, OpenAI continue de perfectionner Sora 2, en testant de nouveaux filtres et en explorant des options de partage des revenus avec les détenteurs de droits . Les spécialistes de la sécurité numérique mettent en garde contre le risque d’une propagation accrue de contenus trompeurs ou nuisibles à mesure que l’application se développe.

Pour les investisseurs, ce conflit souligne la rapidité avec laquelle l’IA entre en collision avec les industries traditionnelles. Son issue pourrait façonner la manière dont les entreprises des secteurs du divertissement, des médias et de la technologie géreront les questions de droit d’auteur et de droit à l’image dans les années à venir.

Utilisez l’outil de comparaison de TipRanks pour consulter une liste des principales entreprises du secteur du divertissement qui auront leur mot à dire dans la politique de droits d’auteur de Sora et d’autres applications de génération vidéo. Cet outil offre une analyse complète de chaque action et de l’ensemble de l’industrie du divertissement.

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