Les marchés financiers scrutent attentivement les prochains indicateurs économiques, notamment les chiffres de l’emploi américain, pour tenter de déchiffrer les perspectives de croissance et l’orientation des politiques monétaires. Malgré un contexte géopolitique tendu, l’appétit pour le risque reste étonnamment élevé, un facteur qui pourrait se maintenir en 2026.
La publication des données sur l’emploi de vendredi aux États-Unis sera l’événement clé de la semaine. Les analystes prévoient la création de 70 000 emplois, un chiffre comparable aux 64 000 enregistrés précédemment. Le taux de chômage devrait légèrement diminuer, passant de 4,6 % à 4,5 %. D’autres indicateurs américains, tels que les mises en chantier et l’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan, seront également suivis de près.
En Europe, les investisseurs attendent les chiffres de la production industrielle en Allemagne et en France, ainsi que les ventes au détail pour l’ensemble de la zone euro. Cependant, les chiffres américains de l’emploi devraient avoir l’impact le plus significatif sur les taux d’intérêt en euros.
Les rendements des obligations d’État restent soumis à l’incertitude liée aux données économiques. Les salaires en hausse sont un élément clé à surveiller. Compte tenu de la politique d’immigration actuelle aux États-Unis, le taux de remplacement des employés a probablement été divisé par deux, ce qui correspond aux attentes du marché concernant la croissance de l’emploi en décembre.
Selon les experts, si l’on tient compte de ce qu’ils appellent « l’algorithme de Jerome Powell », qui consiste à soustraire 60 000 emplois des chiffres bruts, la création nette d’emplois pourrait être quasi nulle. Le marché devrait toutefois faire preuve de tolérance face à un chiffre d’emploi aussi faible, en raison de sa complexité et de ses nuances.
À moins d’une surprise significative des données, l’évolution la plus importante sera probablement celle de l’inflation. Le taux d’inflation était de 4,6 % en novembre et les marchés anticipent une baisse à 4,5 %. Le taux de chômage reste un indicateur crucial, même si un taux de 4,5 % est supérieur à celui inférieur à 4 % auquel les observateurs étaient habitués, il demeure relativement bas.
Les inscriptions hebdomadaires au chômage, publiées chaque jeudi, fournissent des données réelles et non des estimations, ce qui les rend particulièrement pertinentes dans un contexte de données économiques parfois incertaines. Les dernières données suggèrent une situation économique globalement stable.
Le taux des obligations à 10 ans évolue dans une fourchette étroite de 4,1 % à 4,2 % depuis le début de l’année et nécessite un catalyseur pour sortir de cette zone. Si les données de vendredi ne fournissent pas ce catalyseur, les investisseurs se tourneront vers le rapport de la semaine prochaine, qui comprendra également un test de l’offre avec des enchères d’obligations à 10 ans.
Par ailleurs, l’Italie a lancé sa campagne de financement de l’année avec un accord syndiqué en deux tranches, levant 20 milliards d’euros (environ 21,5 milliards de dollars américains) répartis entre un nouvel indice de référence de 15 milliards d’euros et une émission d’obligations vertes de 5 milliards d’euros. Un carnet de commandes record de 150 milliards d’euros pour l’obligation à 7 ans témoigne de l’appétit continu des investisseurs pour la dette italienne. Le Portugal a également lancé une nouvelle référence à 10 ans, tandis que d’autres émetteurs européens, tels que les Länder allemands du Nord-Rhénanie-Westphalie et de Rhénanie-Palatinat, ainsi que la Banque asiatique de développement, ont également conclu des accords.
Les écarts de taux à 10 ans par rapport aux obligations allemandes (Bunds) se sont resserrés, l’Allemagne ayant mis aux enchères un nouveau titre de référence à 10 ans en début de semaine. Les écarts italiens à 10 ans par rapport aux Bunds sont désormais légèrement plus faibles qu’avant Noël, atteignant des niveaux observés pour la dernière fois en 2008.
À lire aussi
