Home SantéLa maternité de Saint-Amand-Montrond, menacée de fermeture, propose une « prime à l’accouchement » de 1 000 euros, décriée par les syndicatsDernières nouvelles d’Haïti : Politique, Sécurité, Économie, Culture.

La maternité de Saint-Amand-Montrond, menacée de fermeture, propose une « prime à l’accouchement » de 1 000 euros, décriée par les syndicatsDernières nouvelles d’Haïti : Politique, Sécurité, Économie, Culture.

by Sophie Martin

Une proposition controversée visant à maintenir ouverte la maternité de Saint-Amand-Montrond (Cher) a suscité l’inquiétude de plusieurs syndicats de médecins hospitaliers. La ville envisage d’offrir une prime de 1 500 € (1 000 euros) aux femmes qui choisiront d’accoucher dans cet établissement, confronté à une baisse de son activité.

Lundi 2 décembre, quatre organisations syndicales – le SNPHARE (anesthésistes réanimateurs), le Syngof (gynécologues obstétriciens), le SNPEH (pédiatres) et SAMU Urgences de France (urgentistes) – ont publiquement dénoncé ce projet, estimant qu’il remet en question les principes fondamentaux de la sécurité des patientes.

La maternité de Saint-Amand-Montrond, qui dessert une communauté de 19 000 habitants, a vu son nombre de naissances chuter en dessous du seuil réglementaire de 300 accouchements par an. Les prévisions pour 2025 s’élèvent à seulement 226 naissances. Pour inverser cette tendance, le maire, Emmanuel Riotte (Les Républicains), propose d’allouer 1 500 € en bons d’achat auprès des commerces locaux à chaque mère, financés à hauteur de 750 € par la municipalité et 750 € par la communauté de communes.

« Le choix d’une maternité ne doit pas être influencé par la perspective d’une récompense purement financière », ont déclaré les syndicats dans un communiqué commun. Ils soulignent que la menace qui pèse sur la maternité n’est pas d’ordre économique, mais lié à la sécurité des soins. Selon eux, un faible volume d’accouchements compromet la capacité de l’établissement à garantir une expertise suffisante pour faire face aux complications potentiellement vitales, qui nécessitent l’intervention coordonnée de plusieurs spécialistes.

Les syndicats craignent également les difficultés croissantes rencontrées par les petites maternités pour attirer et retenir du personnel qualifié, un problème souligné par un rapport de la Cour des comptes publié en 2024. Ils préconisent une transformation de ces établissements en centres de périnatalité de proximité, axés sur le suivi de grossesse et le post-partum, avec une centralisation des accouchements dans des structures plus importantes et mieux équipées.

La communauté de communes doit se prononcer sur le projet mercredi, et le conseil municipal de Saint-Amand jeudi. Le maire espère ainsi attirer des patientes qui se rendent actuellement dans les maternités de Bourges, Montluçon ou Nevers.

La maternité de Saint-Amand-Montrond figure parmi les vingt établissements en France qui bénéficient d’une dérogation au seuil minimal de 300 accouchements par an.

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