Home SantéLa moitié des personnes récemment arrêtées par la police du Met pourraient souffrir de TDAH non diagnostiqué, selon une étude | Neurodiversité

La moitié des personnes récemment arrêtées par la police du Met pourraient souffrir de TDAH non diagnostiqué, selon une étude | Neurodiversité

by Sophie Martin

Publié le 10 décembre 2024 à 15h00. Une étude menée à Londres révèle qu’une proportion significative de personnes arrêtées pourraient souffrir de troubles du neurodéveloppement non diagnostiqués, soulevant des questions sur l’équité du système judiciaire.

  • Près de la moitié des personnes arrêtées à Londres pourraient être atteintes de trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) non diagnostiqué.
  • Une personne sur vingt pourrait également présenter des signes d’autisme non diagnostiqué.
  • Les chercheurs plaident pour un dépistage systématique de la neurodivergence dans les centres de garde à vue afin d’améliorer le soutien et le traitement des personnes vulnérables.

Une étude de l’Université de Cambridge a mis en lumière une réalité préoccupante : une part importante des personnes interpellées et placées en détention à Londres en 2024 pourraient être affectées par des troubles du neurodéveloppement non détectés. Les résultats, basés sur l’analyse de 303 cas, suggèrent que près de 50 % des individus arrêtés pourraient présenter des signes de TDAH non diagnostiqué, tandis que 5 % pourraient être autistes sans avoir bénéficié d’un diagnostic formel.

Cette découverte intervient alors que les personnes neurodivergentes – notamment celles atteintes d’autisme ou de TDAH – sont déjà connues pour être surreprésentées dans le système pénitentiaire. L’étude a été menée en collaboration avec la Police métropolitaine, qui a accepté d’explorer la possibilité d’offrir un dépistage informel de la neurodivergence aux personnes en garde à vue. L’objectif est d’améliorer l’accès au soutien et de garantir un traitement plus juste au sein du système judiciaire.

Le professeur Sir Simon Baron-Cohen, directeur du Centre de recherche sur l’autisme (ARC) de Cambridge, a souligné l’importance d’une meilleure compréhension des différences cognitives et communicatives des individus.

« Le dépistage d’une éventuelle neurodivergence permettra une prise de décision juridique plus éclairée, en tenant compte des différences cognitives et communicatives. Cela peut également aider à garantir aux accusés l’accès à une protection juridique et à un avocat approprié. »

Professeur Sir Simon Baron-Cohen, directeur du Centre de recherche sur l’autisme

Il ajoute que cette approche pourrait conduire à des résultats plus équitables, notamment en matière de protection légale.

L’étude a été codirigée par le Dr Tanya Procyshyn, associée de recherche à l’ARC, et Dion Brown, détective principal de la Police métropolitaine. Les résultats, publiés dans la revue Comportement criminel et santé mentale, suggèrent que le dépistage précoce pourrait contribuer à « éviter une criminalisation inutile de comportements mal compris ». Dion Brown explique que l’identification précoce permet aux policiers d’interpréter plus justement les comportements et de proposer un soutien adapté.

« L’identification précoce aide les agents à interpréter des comportements qui pourraient autrement être mal compris et garantit qu’un soutien approprié est fourni. Cette approche crée des opportunités pour détourner les personnes vulnérables du processus de justice pénale et vers l’aide dont elles pourraient avoir besoin. »

Dion Brown, détective principal de la Police métropolitaine

Le dépistage a été proposé à 71 % des 303 personnes arrêtées dans six centres de garde à vue de Londres. Il reposait sur des questionnaires d’auto-évaluation, notamment une version modifiée de l’échelle d’auto-évaluation du TDAH chez l’adulte et le Quotient du spectre autistique en 10 éléments. Bien que ces outils ne permettent pas de poser un diagnostic, ils permettent d’identifier les personnes qui pourraient bénéficier d’une évaluation plus approfondie.

Les résultats montrent que 8 % des personnes arrêtées avaient déjà reçu un diagnostic de TDAH, un chiffre légèrement supérieur à la prévalence générale (5 %). De plus, 50 % de celles qui n’avaient pas de diagnostic ont obtenu un score suggérant un possible TDAH non diagnostiqué. Concernant l’autisme, 4,2 % des personnes arrêtées avaient déjà reçu un diagnostic, contre 5,4 % qui ont obtenu un score élevé sur l’échelle d’auto-évaluation. L’étude a également révélé que 60 % des personnes arrêtées pour des infractions liées à la drogue avaient déjà reçu un diagnostic de TDAH ou un résultat de dépistage positif, ce qui pourrait indiquer une tendance à l’automédication chez les personnes neurodivergentes.

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