Publié le 2024-02-29. Une nouvelle analyse génétique met en lumière l’importance de la lipoprotéine(a), un marqueur de risque cardiovasculaire souvent négligé, qui pourrait prédire les maladies cardiaques même en l’absence de facteurs de risque traditionnels.
- La lipoprotéine(a) (Lp(a)) est déterminée génétiquement et reste relativement stable tout au long de la vie, contrairement au cholestérol LDL.
- Les femmes présentent des taux de Lp(a) plus élevés que les hommes, avec une légère augmentation pendant la périménopause.
- Les personnes d’origine afro-américaine ont un risque particulièrement élevé de présenter des taux élevés de Lp(a) (40%).
Les cardiologues insistent sur la nécessité de dépister la lipoprotéine(a) dès l’âge de 30 ans, et plus particulièrement après 50 ans, période où les complications cardiovasculaires sont les plus fréquentes. Contrairement au cholestérol LDL, qui fluctue en fonction de l’alimentation et des traitements, la Lp(a) est largement déterminée par la génétique. Selon le cardiologue Bruno Paolino de l’Uerj, « La Lp(a) a un arrangement moléculaire différent. Le LDL varie beaucoup : si le patient mange mal ou vieillit, il augmente ; S’il mange bien ou prend des médicaments contre le cholestérol, celui-ci diminuera. La lipoprotéine (a) variera très peu tout au long de la vie. C’est donc un marqueur d’un risque défavorable dans le futur [mesmo que tudo pareça bem agora] ».
Le gène LPA est responsable de la quantité de protéines Lp(a) présentes dans le sang et a déjà été associé à un risque accru de maladies coronariennes. Les chercheurs suggèrent que la Lp(a) pourrait être une cause majeure de ces maladies, potentiellement mortelles à long terme. Une seule prise de sang est généralement suffisante pour évaluer le risque lié à la Lp(a), car ses niveaux tendent à rester constants au fil du temps.
Les directives actuelles soulignent également des différences liées au sexe et à l’origine ethnique. Les femmes présentent des concentrations de Lp(a) plus élevées que les hommes, et une légère augmentation est observée pendant la période climatérique. Bien que les experts ne soient pas encore d’accord sur la nécessité d’une prise en charge spécifique pour les femmes à ce stade de la vie, ils s’accordent à dire que l’évaluation des risques doit être individualisée. De plus, 40 % des personnes d’origine afro-américaine présentent des taux élevés de Lp(a), contre 20 % des personnes d’origine européenne et sud-asiatique, et moins de 10 % des personnes d’Asie de l’Est. Il est cependant important de noter que des études plus approfondies sont nécessaires pour mieux comprendre les risques spécifiques à chaque ethnie.
Selon les experts, l’évaluation du risque cardiovasculaire doit prendre en compte un ensemble de facteurs, notamment les antécédents familiaux de maladies cardiaques ou d’accidents vasculaires cérébraux, le tabagisme, un mode de vie sédentaire, le diabète, l’hypertension artérielle et les taux de cholestérol. Edmo souligne l’importance du dépistage à partir de 30 ans, mais insiste sur l’attention particulière à accorder aux personnes de 50 ans et plus, car c’est à cet âge que les complications cardiovasculaires sont les plus fréquentes. « C’est là que la vérification de cette lipoprotéine sera très utile pour orienter la prévention et, éventuellement, le traitement », explique-t-il.