Publié le 24 décembre 2025 à 11h27. La National Women’s Soccer League (NWSL), la première ligue de football féminin aux États-Unis, va introduire une nouvelle règle permettant aux clubs de dépasser le plafond salarial pour attirer et retenir les joueuses les plus influentes, une mesure qui suscite déjà l’opposition du syndicat des joueuses.
- La NWSL autorisera, à partir de juillet 2026, un dépassement du plafond salarial allant jusqu’à 1 million de dollars (environ 927 000 €) par joueuse répondant à des critères commerciaux ou sportifs précis.
- Cette initiative vise à contrer la concurrence européenne croissante pour les stars américaines, dont Trinity Rodman, et à renforcer l’attractivité de la ligue.
- L’association des joueuses de la NWSL (NWSLPA) s’oppose à cette règle, estimant que les modifications salariales doivent être négociées collectivement.
La NWSL mise sur cette nouvelle réglementation, baptisée « High Impact Player Rule » (règle des joueuses à fort impact), pour consolider sa position face à l’intérêt grandissant des clubs européens pour les talents américains. L’objectif est de permettre aux équipes de la ligue de rivaliser financièrement pour conserver leurs joueuses vedettes et attirer de nouvelles stars.
À partir de juillet 2026, chaque club pourra ainsi déroger au plafond salarial – fixé à 3,5 millions de dollars (environ 3,2 millions d’euros) en 2025 – jusqu’à hauteur de 1 million de dollars pour une joueuse répondant à l’un des critères suivants :
- Figurer parmi les 150 athlètes les plus commercialisables selon le classement établi par SportsPro au cours de l’année précédant la saison en cours.
- Être sélectionnée dans le top 30 du Ballon d’Or féminin lors des deux années précédant la saison de championnat.
- Figurer parmi les 40 meilleures joueuses mondiales selon le classement du Guardian au cours des deux années précédentes.
- Être classée dans le top 40 des 50 meilleures joueuses de football du monde selon ESPN FC au cours des deux années précédentes.
- Pour les joueuses de champ, avoir disputé au moins 11 des matchs de l’équipe nationale féminine des États-Unis (USWNT) au cours des deux dernières années civiles.
- Pour les gardiennes de but, avoir été les plus utilisées avec l’USWNT au cours des deux dernières années civiles.
- Avoir été finaliste au titre de MVP (Most Valuable Player) de la NWSL lors des deux saisons précédentes.
- Avoir été sélectionnée dans la meilleure équipe type de la NWSL à l’issue des deux dernières saisons de championnat.
Actuellement, seules deux joueuses de la NWSL figurent dans le top 150 du classement de SportsPro : Trinity Rodman (Washington Spirit, 120ème place) et Sophia Smith (Portland Thorns, 138ème place).
Cette décision intervient alors que la NWSL est confrontée à une concurrence accrue pour ses joueuses les plus talentueuses. Des joueuses comme Trinity Rodman ont reçu des offres intéressantes de clubs européens, tandis que d’autres, comme Alyssa Thompson (transfert à Chelsea) et Crystal Dunn (transfert au Paris Saint-Germain), ont déjà rejoint des clubs européens ces dernières années.
Jessica Berman, commissaire de la NWSL, a déclaré :
« S’assurer que nos équipes peuvent rivaliser pour recruter les meilleurs joueurs du monde est essentiel à la croissance continue de notre ligue. La règle des joueuses à fort impact permet aux équipes d’investir stratégiquement dans les meilleurs talents, renforce notre capacité à retenir les joueuses vedettes et démontre notre engagement à constituer des équipes de classe mondiale pour les fans de toute la ligue. »
Cependant, la NWSLPA a fermement critiqué cette nouvelle règle, la jugeant illégale. Dans un communiqué, le syndicat a affirmé que la ligue ne pouvait pas modifier unilatéralement les structures de rémunération sans négociation collective.
« En vertu du droit fédéral du travail, les modifications de la rémunération dans le cadre du plafond salarial sont un sujet de négociation obligatoire et non une question de discrétion unilatérale. Un salaire équitable est obtenu grâce à des systèmes de rémunération équitables, négociés collectivement, et non à des classifications arbitraires. »
Le syndicat a également indiqué qu’il était prêt à prendre des mesures pour défendre les droits de ses membres, sans préciser lesquelles.
La NWSL a précisé que le million de dollars supplémentaire pouvait être réparti entre une ou plusieurs joueuses. Le seuil de cette allocation augmentera chaque année au même rythme que le plafond salarial. Cette règle devrait entraîner une augmentation des dépenses salariales de la ligue de 16 millions de dollars (environ 14,8 millions d’euros) en 2026, pour atteindre jusqu’à 115 millions de dollars (environ 106,5 millions d’euros) sur la durée de la convention collective en vigueur, qui court jusqu’en 2030.
Cette initiative rappelle celle de la Major League Soccer (MLS), qui a introduit en 2007 la règle du « Designated Player », permettant aux clubs de recruter jusqu’à trois joueurs dont le salaire ne serait pas pris en compte dans le plafond salarial, notamment pour attirer des stars comme David Beckham.
