Les ours en peluche, autrefois représentations fidèles de leurs homologues sauvages, se parent aujourd’hui de couleurs vives et d’attributs fantaisistes. Une équipe de chercheurs montpelliérains s’interroge sur les conséquences de cette transformation sur la perception que les enfants ont de la nature et de sa fragilité.
Loin des ours bruns, des grizzlis ou des ours polaires, les nounours contemporains arborent désormais des pelages aux teintes acidulées – vert pomme ou jaune banane – des yeux disproportionnés et des pattes dépourvues de griffes. Certains sont même ornés de motifs bariolés ou de cœurs de Saint-Valentin. Ce décalage, selon des scientifiques basés à Montpellier (Hérault), pourrait contribuer à une déconnexion des plus jeunes avec le monde naturel.
Ces chercheurs, investis dans des recherches en « peluchologie », ont même créé une plateforme participative (nounours.umontpellier.fr) pour approfondir leur étude sur l’attachement aux doudous. Une première enquête, publiée en août dans Le Journal de Psychologie Positive, s’appuie sur les réponses à un questionnaire en ligne auquel le grand public a été invité à participer.
« L’ours en peluche, c’est l’arbre qui cache la forêt, » explique Nicolas Mouquet, directeur de recherche en écologie au CNRS. « Une personne sur deux a eu un ours en peluche dans son berceau. Ce nounours représente l’un de nos tout premiers contacts avec la nature et participe à façonner notre imaginaire du monde vivant. »
À ce stade, l’étude vise à comprendre comment cette évolution des nounours influence la manière dont les enfants perçoivent et appréhendent la nature, et si cela peut avoir un impact sur leur sensibilité aux enjeux environnementaux.
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