Home SantéLa peste existe toujours, existe-t-il un vaccin contre cette maladie ?

La peste existe toujours, existe-t-il un vaccin contre cette maladie ?

by Sophie Martin

Publié le 6 janvier 2024 18:02:00. Bien que la peste noire ait ravagé l’Europe au Moyen Âge, la maladie persiste encore aujourd’hui dans certaines régions du monde. Si un vaccin a été développé par le passé, son efficacité limitée et l’avènement des antibiotiques rendent sa production massive inutile.

  • La peste, une maladie infectieuse transmise par les rongeurs, continue de faire des victimes à Madagascar, aux États-Unis et dans d’autres pays.
  • Des vaccins contre la peste ont été mis au point, mais leur protection est faible et de courte durée, avec des effets secondaires notables.
  • Grâce aux antibiotiques, la peste peut être traitée efficacement si elle est diagnostiquée à temps, rendant un vaccin superflu en Europe.

La peste, souvent associée à la Peste Noire qui a décimé plus d’un tiers de la population européenne au XIVe siècle, n’a pas disparu. Si les épidémies à grande échelle sont rares, la maladie continue de sévir dans certaines parties du monde, notamment à Madagascar et aux États-Unis, comme l’explique le professeur Leo Visser, spécialiste des maladies infectieuses à l’université de Leyde.

La peste est une zoonose, c’est-à-dire une maladie qui se transmet des animaux aux humains. L’agent pathogène en cause n’est pas un virus, mais une bactérie qui trouve refuge dans des animaux comme les rats et les écureuils. « Tant que ce réservoir animal persiste, la maladie persiste », souligne le professeur Visser.

La transmission à l’homme se fait généralement par les piqûres de puces de rongeurs, notamment lorsque les humains et les animaux vivent à proximité. La forme la plus courante est la peste bubonique, caractérisée par le gonflement des ganglions lymphatiques. Cependant, si la bactérie atteint les poumons, elle provoque une peste pneumonique, une forme beaucoup plus grave et potentiellement mortelle.

Si des vaccins contre la peste ont été développés, leur efficacité est loin d’être optimale. Le premier vaccin remonte à 1895, grâce aux travaux du scientifique français Alexandre Yersin, qui menait des recherches sur la maladie en Asie du Sud-Est. Il consistait à administrer aux chevaux une petite dose de peste, puis à utiliser leur sang, riche en anticorps, pour traiter les humains. « Un traitement avec ce sérum de cheval semblait fonctionner raisonnablement bien chez l’homme », explique le professeur Visser, tout en précisant qu’il n’a pas permis d’éradiquer la maladie.

Une forme plus récente de vaccin consiste à injecter des bactéries de la peste préalablement tuées, afin de stimuler la production d’anticorps par l’organisme. Cependant, ce vaccin a connu une utilisation très limitée, principalement chez les soldats en cas de risque de guerre biologique et chez les personnels de laboratoire manipulant la bactérie.

Le principal inconvénient de ces vaccins réside dans leur faible efficacité. « Le problème est que les anticorps produits contre une bactérie sont beaucoup moins spécifiques que ceux produits contre un virus », explique le professeur Visser. Il est donc souvent nécessaire de recevoir plusieurs injections pour obtenir une protection adéquate, et celle-ci reste de courte durée, nécessitant des rappels fréquents. De plus, les injections peuvent entraîner des effets secondaires indésirables.

La bactérie responsable de la peste est relativement stable sur le plan génétique, contrairement au coronavirus qui mute rapidement. Elle s’efforce de survivre le plus longtemps possible chez les rongeurs, ce qui limite la nécessité de mutations rapides. Par conséquent, les bactéries de la peste actuelles sont très similaires à celles qui ont causé la Peste Noire au Moyen Âge.

Heureusement, la situation actuelle ne justifie pas de s’alarmer. « La peste ne touche plus notre population de rongeurs », assure le professeur Visser. Au Moyen Âge, la maladie était introduite en Europe par les rats noirs provenant d’Asie. Grâce aux mesures de prévention mises en place, la peste n’a pas pu s’implanter durablement chez nos rongeurs.

En cas de réapparition de la peste, un rappel vaccinal toutes les quelques semaines ne serait donc pas nécessaire. Les antibiotiques constituent une solution efficace pour traiter la maladie, à condition qu’elle soit diagnostiquée rapidement. « Si vous l’attrapez à temps, la peste peut être facilement soignée », conclut le professeur Visser.

Pour en savoir plus sur la prolifération des rats aux Pays-Bas et ses raisons, consultez cet article.

Et pour comprendre comment les éruptions volcaniques ont pu influencer la propagation de la peste, découvrez cette analyse.

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