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La peur infondée de reprendre du poids après un cancer du sein

Publié le 16 octobre 2025 16:44:00. Le cancer du sein, qui touche plus de 2 millions de femmes chaque année dans le monde, s’accompagne souvent de craintes liées à la perte de fonction du bras opéré. Pourtant, les…

La peur infondée de reprendre du poids après un cancer du sein

Publié le 16 octobre 2025 16:44:00. Le cancer du sein, qui touche plus de 2 millions de femmes chaque année dans le monde, s’accompagne souvent de craintes liées à la perte de fonction du bras opéré. Pourtant, les recommandations médicales évoluent : l’activité physique, loin d’être contre-indiquée, est désormais encouragée pour favoriser la récupération et améliorer la qualité de vie des patientes.

  • Chaque année, plus de 2 millions de personnes reçoivent un diagnostic de cancer du sein à l’échelle mondiale.
  • La peur du lymphœdème a longtemps conduit à limiter l’utilisation du bras après une chirurgie, mais cette approche est remise en question.
  • L’activité physique adaptée, encadrée par un professionnel de santé, est désormais considérée comme un élément essentiel du processus de guérison.

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les femmes, bien qu’il puisse également toucher les hommes. Si les progrès de la médecine permettent à de nombreuses personnes de surmonter la maladie, le parcours de soins implique des changements importants sur les plans physique, psychologique et social. Après une intervention chirurgicale, en particulier, les patientes sont souvent confrontées à une appréhension : celle de voir leur mobilité réduite et de ne plus pouvoir accomplir les gestes du quotidien.

Pendant des décennies, la crainte du lymphœdème – une accumulation de liquide dans le membre supérieur, provoquant douleur, lourdeur et altération de l’apparence du bras – a dicté les recommandations. On pensait que les traitements oncologiques, notamment la chirurgie et la radiothérapie, pouvaient endommager le système lymphatique, un réseau de canaux et de vaisseaux qui assure le drainage des fluides corporels et joue un rôle important dans l’immunité. Les ganglions lymphatiques, situés notamment dans l’aisselle, agissent comme des filtres purifiant la lymphe. Leur ablation ou leur irradiation pouvaient perturber cette circulation et augmenter le risque de lymphœdème. Étude sur le risque de lymphœdème.

En conséquence, il était courant de conseiller aux patientes de limiter l’utilisation du bras opéré. Dans les années 1970, on recommandait d’éviter tout exercice susceptible d’augmenter le flux sanguin, et dans les années 1980, une longue liste d’activités était déconseillée. Ces restrictions s’ajoutaient souvent à une prescription de repos, censée atténuer la fatigue post-opératoire.

Cependant, à partir de 1989, les premières études ont commencé à démontrer les bienfaits de l’exercice aérobique chez les patientes atteintes d’un cancer, et plus particulièrement du cancer du sein. Première étude sur les bienfaits de l’exercice aérobique. Au début du XXIe siècle, des publications ont confirmé l’impact positif de l’activité physique sur la fonction physique et le poids des patientes. La marche pendant la chimiothérapie ou la radiothérapie semblait également soulager la fatigue. Étude sur la réduction de la fatigue. Aujourd’hui, les principales organisations d’oncologie s’accordent à dire que l’activité physique doit faire partie intégrante du traitement du cancer.

L’entraînement aérobie et la musculation sont désormais recommandés avant, pendant et après le traitement du cancer du sein, y compris les exercices de mise en charge des membres supérieurs. De nombreuses études ont montré que cette activité est non seulement sûre, mais qu’elle améliore également les symptômes chez les patientes déjà atteintes de lymphœdème et peut même contribuer à prévenir son apparition.

Il est toutefois essentiel que l’exercice soit individualisé. C’est là qu’intervient le rôle crucial de la physiothérapie. Un professionnel de santé peut élaborer un programme thérapeutique et un plan d’exercices personnalisés, permettant à la patiente de commencer à mobiliser son bras dès après l’opération et d’intégrer progressivement l’activité physique dans son quotidien. Approche thérapeutique personnalisée.

Il est important de déconstruire le mythe selon lequel l’utilisation du bras après une chirurgie du cancer du sein est dangereuse. Faire face à la maladie et à ses conséquences est déjà suffisamment difficile, sans ajouter la crainte de ne plus pouvoir accomplir les gestes simples de la vie quotidienne. La science a démontré que l’activité physique est bénéfique, et ce message doit être diffusé pour rassurer les patientes et les encourager à retrouver une vie active et épanouie.



Pour en savoir plus : Mammographies périodiques et exercice physique, clés du pronostic du cancer


Bien qu’une période de récupération et une augmentation progressive de l’intensité soient nécessaires, il n’y a pas de limite à la quantité d’exercice que les patientes peuvent pratiquer. Toute recommandation visant à limiter l’activité physique est basée sur une idée fausse qui associe celle-ci à l’apparition d’un lymphœdème.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.