Home MondeLa phase deux du plan pour Gaza est « close », mais les Palestiniens sont à peine présents à la table

La phase deux du plan pour Gaza est « close », mais les Palestiniens sont à peine présents à la table

by Clara Dubois

Publié le 10 décembre 2025 à 07h17. Les États-Unis et leurs alliés accélèrent les préparatifs pour une nouvelle phase du plan pour Gaza, visant à établir une gouvernance sans le Hamas, mais cette initiative suscite des critiques quant à l’implication limitée des Palestiniens dans le processus de décision.

  • Les États-Unis et leurs alliés tentent de mettre en œuvre la deuxième phase du plan dit « Trump » pour Gaza.
  • Cette phase prévoit une administration palestinienne temporaire supervisée par un Conseil de la Paix international et soutenue par une force de sécurité internationale.
  • Des critiques soulignent l’absence de participation palestinienne significative dans l’élaboration de ce plan.

La première phase de l’accord, qui prévoit des échanges de prisonniers et une trêve, est presque achevée, bien que le Hamas n’ait pas encore restitué le corps du dernier otage israélien. Parallèlement, l’armée israélienne continue ses opérations militaires quotidiennes et l’acheminement de l’aide humanitaire reste insuffisant, avec un nombre de points de passage limité. Selon les autorités sanitaires palestiniennes, plus de 360 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne depuis le début du cessez-le-feu.

La deuxième phase du plan, élaboré par Washington et partiellement approuvé par le Conseil de sécurité de l’ONU, se concentre sur l’avenir de Gaza. Il prévoit la mise en place d’une administration palestinienne temporaire, placée sous la supervision d’un organisme international baptisé Conseil de la Paix, et soutenue par une force de sécurité internationale chargée de désarmer le Hamas et de faciliter la reconstruction de la bande de Gaza.

Le Hamas rejette ce modèle, le qualifiant de « tutelle étrangère ». L’Autorité palestinienne, quant à elle, craint d’être reléguée à un rôle d’exécution sans réel pouvoir politique. L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, initialement pressenti pour diriger le Conseil de la Paix, a finalement renoncé à cette fonction suite à des objections de la part des États arabes. Les Palestiniens estiment que sa nomination n’apporterait qu’une amélioration limitée, le considérant comme pro-israélien et l’associant à la guerre en Irak.

« Aucune connaissance de Gaza »

Le journaliste et écrivain israélien Gideon Levy se montre particulièrement critique à l’égard de cette initiative.

« Cela ne peut pas être une solution, car la principale partie prenante, les Palestiniens, est absente. »

Gideon Levy, journaliste et écrivain israélien

Il souligne qu’Israël bloque toute forme de leadership palestinien légitime et que cet accord est essentiellement une initiative américano-israélienne, déconnectée des réalités de Gaza.

Il qualifie le résultat attendu de « au mieux technique » et estime qu’il aura peu d’impact tant que la représentation politique des Palestiniens ne sera pas acceptée.

Soldats au Centre de coordination civilo-militaire en Israël, où les États-Unis, Israël et leurs alliés coordonnent l'aide et travaillent sur un plan futur pour Gaza
Soldats au Centre de coordination civilo-militaire en Israël, où les États-Unis, Israël et leurs alliés coordonnent l’aide et travaillent sur un plan futur pour Gaza

Un centre clé dans la mise en œuvre de cette deuxième phase est le nouveau Centre de coordination civilo-militaire (CMCC) situé à Kiryat Gat, en Israël. C’est là que les États-Unis, Israël et plus d’une quinzaine d’alliés coordonnent leur aide et leurs scénarios pour la gouvernance de Gaza. Les Pays-Bas ont contribué en fournissant deux experts civils.

Selon des diplomates impliqués dans les négociations, aucun représentant palestinien n’est présent au CMCC. Même les tentatives de participation palestinienne à des réunions en visioconférence ont parfois été interrompues par des responsables israéliens. De plus, les documents américains relatifs au centre ne font pas référence aux « Palestiniens », mais utilisent systématiquement le terme « Gazaouis », selon le quotidien britannique The Guardian.

Les critiques avertissent que l’avenir de Gaza est ainsi façonné sans la participation des Palestiniens.

« Aucun des décideurs impliqués ne comprend Gaza. Ces gens de Kiryat Gat n’y sont jamais allés et n’y iront jamais. C’est une farce. »

Gideon Levy, journaliste et écrivain israélien

Netanyahou : « Des questions centrales non résolues »

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a déclaré dimanche que la deuxième phase était « proche », tout en soulignant qu’il restait encore des « questions centrales » à résoudre. Un point de débat important concerne le déploiement d’une force internationale de stabilisation. Netanyahou doit aborder cette question avec le président américain à Washington à la fin du mois.

Malgré les bombardements israéliens en cours, Netanyahou a insisté sur la nécessité pour le Hamas de respecter le cessez-le-feu et de se désarmer complètement. Israël contrôle actuellement plus de la moitié de Gaza, tandis que le Hamas a partiellement rétabli son autorité dans le reste de la zone.

Yossi Mekelberg, expert du Moyen-Orient au sein du groupe de réflexion Chatham House, ne s’attend pas à beaucoup de ces projets.

« Israël insiste sur le désarmement complet du Hamas, mais même dans ce cas, il ne se sentira jamais complètement en sécurité. La sécurité n’est pas seulement une question de mesures sur le terrain, mais aussi de psychologie. »

Yossi Mekelberg, expert du Moyen-Orient à Chatham House

Selon Mekelberg, l’idée que le Hamas se laisserait simplement désarmer est irréaliste.

« Qui réaliserait cela ? Le Hamas ne rend jamais volontairement ses armes. »

Yossi Mekelberg, expert du Moyen-Orient à Chatham House

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