La dyslexie est un trouble de développement neurologique qui affecte la capacité de lire et d’écrire correctement et touche environ 5 à 10% de la population mondiale, quel que soit le niveau d’éducation ou l’environnement culturel. Les personnes dyslexiques rencontrent des difficultés persistantes dans la reconnaissance et l’orthographe des mots, ce qui peut impacter leurs performances scolaires et leur vie professionnelle.
Une étude récente, menée par des chercheurs de l’Université d’Édimbourg, du Max Planck Institute for Psycholinguistics et d’autres centres de recherche internationaux, a analysé les données génétiques de plus de 1,2 million de personnes, constituant la plus vaste recherche menée à ce jour sur le sujet.
Publiée dans la revue Psychiatrie translationnelle, l’étude a identifié 80 régions d’ADN associées à la dyslexie, dont 36 qui n’avaient pas été signalées auparavant. Parmi celles-ci, 13 sont totalement nouvelles, sans lien connu avec ce trouble.
La recherche a combiné deux ensembles de données génétiques principaux : l’un issu du consortium Genlang, comprenant des informations détaillées sur les compétences en lecture, et l’autre fourni par la société 23andMe, incluant plus de 50 000 personnes diagnostiquées dyslexiques.
Grâce à une méthode avancée appelée MTAG (analyse simultanée de plusieurs facteurs génétiques), l’équipe a pu identifier un plus grand nombre de variantes génétiques qu’une analyse séparée de chaque ensemble de données aurait permis.
Les résultats indiquent que de nombreux gènes associés à la dyslexie sont actifs dans les régions du cerveau qui se développent durant les premières années de la vie, et sont impliqués dans la formation des synapses – les connexions par lesquelles les neurones communiquent entre eux.
Les chercheurs ont également créé un indice polygénique (score génétique) qui estime le risque qu’une personne développe des difficultés de lecture.
Dans un groupe indépendant d’enfants, cet indice a expliqué jusqu’à 4,7% de la variation des performances en lecture, un résultat modeste mais significatif pour une éventuelle identification précoce du risque de dyslexie.
L’étude a également analysé de l’ADN ancien, provenant de restes humains datant d’il y a jusqu’à 15 000 ans, afin d’étudier l’évolution de ces gènes au fil du temps. Les résultats n’ont révélé aucune preuve de sélection évolutive récente, suggérant que la fréquence de ces gènes est restée stable au cours des derniers millénaires, du moins en Europe du Nord.
Cette recherche apporte une contribution importante à la compréhension des bases biologiques de la dyslexie et ouvre de nouvelles pistes d’étude.
L’équipe prévoit d’approfondir l’étude des liens entre les gènes associés à la dyslexie et d’autres troubles tels que le TDAH, les difficultés linguistiques ou d’autres conditions de neurodéveloppement.
De plus, les chercheurs envisagent d’améliorer les scores génétiques en incluant des échantillons de populations plus diversifiées et en tenant compte de facteurs environnementaux, tels que l’éducation précoce et l’exposition à la lecture en famille.
Ces récentes découvertes offrent de nouvelles perspectives sur les causes génétiques de la dyslexie et pourraient, à terme, contribuer à réduire la stigmatisation des personnes touchées, ainsi qu’au développement de méthodes de soutien personnalisées pour les enfants en difficulté.
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