Les marchés financiers ont affiché une étrange indifférence face aux événements économiques et politiques majeurs en 2025, remettant en question l’influence traditionnelle de ces facteurs sur les cours. Des tarifs douaniers américains records à la paralysie du gouvernement, en passant par les décisions des banques centrales, l’impact attendu sur les marchés s’est avéré étonnamment limité.
Cette déconnexion entre les annonces économiques et politiques et les réactions des marchés a été particulièrement frappante aux États-Unis. L’imposition de droits de douane, qualifiée par de nombreux économistes de potentiellement récessive pour la plus grande économie mondiale, n’a provoqué qu’un recul temporaire des indices boursiers, rapidement suivi d’une reprise et de nouveaux sommets. Des explications ont été avancées – atténuation de l’impact sur la deuxième économie mondiale, contournement des droits de douane par des itinéraires alternatifs, exclusions spécifiques, cycles de stocks – mais le phénomène reste déconcertant.
Cette tendance s’est répétée avec d’autres mesures politiques, telles que les réductions d’impôts, les augmentations des dépenses publiques et les ajustements des taux d’intérêt par les banques centrales. Même la plus longue fermeture administrative de l’histoire américaine n’a pas eu l’impact prévisible sur les marchés.
Parallèlement, les données économiques traditionnellement suivies de près – inflation, emploi, produit intérieur brut (PIB), confiance des consommateurs – ont perdu de leur pertinence aux yeux des investisseurs. Aux États-Unis, et dans une moindre mesure ailleurs, les chiffres inattendus ont été rapidement ignorés.
Deux facteurs principaux pourraient expliquer cette évolution. Premièrement, l’essor de l’intelligence artificielle (IA) et la richesse qu’elle génère semblent éclipser les autres aspects de la croissance économique. Tant que les géants de l’IA continueront à investir massivement dans les centres de données, les indicateurs économiques traditionnels risquent de passer au second plan.
Deuxièmement, la fiabilité des données économiques elles-mêmes est remise en question. Les enquêtes, qui constituent la base de la plupart des statistiques économiques depuis des décennies, souffrent d’un taux de participation décroissant depuis la crise du COVID-19. Une enquête avec moins de répondants est, par définition, moins précise et moins représentative de la réalité économique. De plus, la polarisation politique croissante incite les consommateurs à interpréter les données économiques à travers le prisme de leurs convictions, plutôt que de manière objective.
L’enquête mensuelle de l’Université du Michigan, par exemple, a révélé des fluctuations importantes du sentiment des consommateurs en fonction des résultats des élections présidentielles, reflétant davantage l’identité politique des répondants que l’état réel de l’économie.
Cependant, cette situation pourrait ne pas être durable. Si la croissance du secteur de l’IA ralentit ou si les biais politiques diminuent, les données et les politiques économiques pourraient retrouver leur importance d’antan. De plus, des sources de données alternatives peuvent aider à combler les lacunes et à fournir une vision plus complète de la situation économique, même lorsque les données traditionnelles sont compromises.
À l’approche de 2026, les investisseurs seraient donc bien avisés de faire preuve de prudence face aux annonces officielles et de se tourner vers des sources de données alternatives pour éclairer leurs décisions et maximiser leurs chances de succès.
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