Hyundai Motors : début d’une grève partielle nationale en Corée du Sud
Près de 40 000 salariés du plus grand constructeur automobile sud-coréen, Hyundai Motors, ont entamé ce lundi 13 juillet une grève nationale partielle. Ce mouvement, qui doit durer trois jours, fait suite à l’échec des négociations salariales entre les syndicats et la direction, lesquelles s’étaient rompues le 8 juillet dernier après avoir débuté en mai.

Modalités et impact financier du mouvement
Le syndicat principal de l’entreprise a instauré un arrêt du travail de quatre heures par jour jusqu’à mercredi. Selon un responsable syndical, les chaînes de production sont stoppées deux heures pour les équipes de jour et deux heures pour les équipes de nuit. Concrètement, les travailleurs du matin cessent leur activité à 13h30 et ceux de l’après-midi quittent leur poste à 22h10. En complément de ces arrêts, les responsables syndicaux ont lancé un sit-in nocturne dès lundi.
L’impact économique de ce blocage est significatif. Selon le journal Maeil Business et des estimations industrielles, l’arrêt des lignes de production coûterait 18,7 milliards de wons par heure. Au total, ces 12 heures de grève sur trois jours pourraient entraîner une perte supérieure à 200 milliards de wons (environ 116 millions d’euros) pour l’entreprise.
Des divergences marquées sur les salaires et les primes
Le conflit repose sur des écarts importants entre les propositions de la direction et les exigences syndicales :
| Élément de négociation | Offre de la direction | Demandes du syndicat |
|---|---|---|
| Augmentation salaire de base | 89 000 wons (52-59 euros) | 149 600 wons (85 euros) |
| Prime de performance | 350% du salaire de base + 10 millions wons | 30% du bénéfice net de l’année précédente + bonus de 800% du salaire mensuel |
| Autres avantages | 15 actions de l’entreprise par salarié | Report de l’âge de la retraite et retour des salariés licenciés |
Positions de la direction et enjeux stratégiques
Le vice-président exécutif Choi Yeong-il a exprimé son « profond regret » face à ce mouvement, soulignant qu’il intervient alors que l’entreprise doit redresser ses résultats grâce au lancement de nouveaux modèles au second semestre. Il a affirmé que la société avait soumis ses « meilleures propositions » pour éviter une rupture des négociations.

Concernant certains points de blocage, Choi Yeong-il a précisé que la réintégration des travailleurs licenciés est une question déjà tranchée par la justice et ne peut donc faire l’objet de négociations. De même, il a indiqué que le report de l’âge de la retraite est un sujet législatif national et non une décision pouvant être prise au niveau d’une seule entreprise.
De son côté, le syndicat a répliqué via un bulletin d’information, accusant la direction de ne pas apporter de « réponse responsable » aux demandes fondamentales des membres sur des problèmes non résolus depuis des années.
Le contexte de l’automatisation et de l’IA
Ce conflit social s’inscrit dans un climat d’incertitude quant à la sécurité de l’emploi, exacerbé par les progrès de l’intelligence artificielle (IA) et de la robotique. Hyundai a annoncé son intention de déployer des robots humanoïdes dans ses usines américaines dès 2028. Bien que l’entreprise n’ait pas communiqué de projet similaire pour ses sites en Corée du Sud, des experts considèrent cette introduction comme probable à terme.
Le syndicat principal a annoncé qu’il se prononcerait mercredi sur l’éventuelle poursuite du mouvement.
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