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La police enquête sur des allégations d’exploitation forestière illégale à l’origine des inondations à Sumatra

by Nicolas Lefèvre

Publié le 9 décembre 2025 à 08h12. Une enquête est en cours en Indonésie pour déterminer l’origine de grumes retrouvées après les récentes inondations à Aceh, soupçonnant une exploitation forestière illégale à grande échelle dans la région de la rivière Tamiang.

  • La police nationale indonésienne enquête sur des allégations d’exploitation forestière illégale dans la rivière Tamiang, dans la province d’Aceh.
  • Les premières investigations suggèrent que des habitants sont impliqués dans des activités illégales de déforestation et d’exploitation forestière en amont de la rivière.
  • Une méthode d’exploitation forestière illégale appelée panlong, consistant à laisser le bois flotter avec les crues, est suspectée.

La Direction des crimes spécifiques de l’Agence d’enquête criminelle de la police nationale indonésienne a lancé une enquête approfondie suite à la découverte de grumes lors des inondations qui ont frappé Aceh et d’autres régions de Sumatra. L’objectif est de remonter la chaîne d’approvisionnement et d’identifier les responsables de cette exploitation illégale.

Selon le général de brigade Moh. Irhamni, directeur des crimes spécifiques, les premières informations pointent vers des activités illégales menées par des habitants en amont de la rivière Tamiang.

« Les premières informations révèlent que des activités illégales d’exploitation forestière et de défrichement sont menées en amont de la rivière Tamiang par les habitants »

Moh. Irhamni, directeur des crimes spécifiques à l’agence d’enquête criminelle de la police nationale

Il a précisé que les bûcherons utilisent une technique particulière, connue sous le nom de panlong. Cette méthode consiste à abattre les arbres, à les empiler sur les berges de la rivière, puis à les laisser être emportés par les crues comme un radeau.

La police a souligné que la majorité de l’exploitation forestière observée dans la forêt protégée le long de la rivière Tamiang, dans le district d’Aceh Tamiang, est effectuée sans autorisation. Le bois exploité ne correspond pas aux essences de bois dur recherchées, ce qui suggère une exploitation non durable et potentiellement illégale.

Pour renforcer l’enquête, la Direction de l’exploitation forestière illégale de l’Agence nationale d’enquête criminelle de la police enverra une équipe supplémentaire sur le terrain. Cette équipe se concentrera sur les activités d’exploitation illégale en amont de la rivière Tamiang, dans la province d’Aceh.

Une équipe conjointe, composée de représentants de la police nationale et du ministère des Forêts, a également été déployée pour enquêter sur la découverte de grumes dans les zones inondées d’Aceh, au nord de Sumatra et à l’ouest de Sumatra. Le chef de la police nationale, le général Listyo Sigit Prabowo, a affirmé que toute infraction avérée sera rigoureusement poursuivie.

Le ministre des Forêts, Raja Juli Antoni, a indiqué que son ministère dispose déjà de données préliminaires issues de photographies prises par drone des zones touchées, ainsi que d’informations sur l’anatomie du bois obtenues grâce à l’application Outil d’identification automatique du bois (AIKO).

« AIKO identifiera l’anatomie du bois. S’il y a des défauts dans le bois, par exemple s’il a été coupé ou poussé avec un bulldozer, ce sera une indication. Si le bulldozer a été utilisé, nous saurons où l’incident s’est produit »

Raja Juli Antoni, ministre des Forêts

L’AIKO permettra d’analyser l’anatomie du bois et de détecter d’éventuelles anomalies, comme des traces de coupe ou de manipulation par des engins lourds, permettant ainsi de localiser précisément les zones d’exploitation illégale.

Ces investigations s’inscrivent dans un contexte plus large de préoccupations environnementales et de lutte contre la déforestation en Indonésie. L’ouest de Sumatra prévoit de réhabiliter 25 000 hectares de terres endommagées par les inondations et l’Agence nationale de gestion des catastrophes (BNPB) estime le coût du rétablissement suite aux inondations de Sumatra à 3,1 milliards de dollars américains, soulignant l’ampleur des dégâts et la nécessité d’une action rapide.

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