Home MondeLa première femme chef d’orchestre d’Iran attire des foules ravies

La première femme chef d’orchestre d’Iran attire des foules ravies

by Clara Dubois

Téhéran a assisté à un moment historique : Paniz Faryoussefi, 42 ans, est devenue la première femme à diriger un orchestre philharmonique en Iran, un pas symbolique dans un pays où les libertés culturelles des femmes restent fortement limitées.

Sur la scène de la salle Vahdat de Téhéran, Paniz Faryoussefi a dirigé un orchestre de 50 musiciens à travers des œuvres de Franz Schubert, Jean Sibelius et Aram Khachaturian. L’événement, qui s’est déroulé sur deux jours, a attiré un public nombreux et enthousiaste.

« Quand je suis montée sur scène, j’ai remarqué que tous les regards étaient tournés vers une femme qui dirigeait l’orchestre, et j’ai ressenti une immense responsabilité », a déclaré Paniz Faryoussefi à l’AFP après la représentation. Elle a exprimé l’espoir que cet événement marque le début d’une nouvelle ère pour les jeunes femmes iraniennes, les encourageant à poursuivre leurs rêves sans crainte.

En Iran, les femmes sont soumises à des restrictions strictes, notamment en matière de représentation publique devant un public mixte. Elles ne sont par exemple pas autorisées à chanter en solo devant des hommes. Dans certaines villes, les musiciennes n’ont même pas le droit de se produire sur scène. Cependant, ces dernières années, on observe un léger assouplissement de certaines restrictions, notamment après les manifestations de 2022 suite à la mort de Mahsa Amini, une jeune femme kurde-iranienne décédée en détention après avoir été arrêtée pour infraction au code vestimentaire.

Plusieurs femmes présentes dans le public du concert ne portaient pas le voile, bien que la cheffe d’orchestre elle-même le portait conformément à la loi. Cet événement a été perçu comme un signe d’ouverture par de nombreux spectateurs.

Saïd Shourabi, 53 ans, a témoigné : « En Iran, les femmes ont toujours été freinées et n’ont pas pu exprimer pleinement leurs talents, même si je suis sûr qu’elles sont tout aussi capables que les hommes. » Fariba Aghai, 44 ans, coiffeuse, a exprimé son espoir de voir un jour les chanteuses pouvoir se produire en concert et publier leurs propres chansons, « sans avoir à se vendre à découvert et en sachant qu’elles sont capables de tout ».

Née dans une famille d’artistes, Paniz Faryoussefi a dû surmonter des obstacles pour réaliser son rêve de devenir cheffe d’orchestre, les académies iraniennes des arts du spectacle n’enseignant pas cette discipline. Elle a suivi une formation en Arménie avant de revenir en Iran pour bâtir une carrière pionnière.

Par ailleurs, le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejei, a appelé vendredi dernier à une lutte plus stricte contre les « anomalies sociales », notamment en ce qui concerne le port du hijab obligatoire, selon les médias locaux. Il a ordonné aux procureurs d’identifier les mouvements organisés et liés à l’étranger qui pourraient remettre en question les normes sociales.

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