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La prochaine pandémie d’origine humaine sera-t-elle? Comment l’IA bouleverse la menace biologique

En 1979, une maladie mystérieuse a frappé la ville industrielle de Sverdlovsk, dans l'ancienne USS (aujourd'hui Iekaterinburg, Russie). Plus de soixante personnes meurent pour une infection étrange, officiellement attribuée à la viande contaminée. Ce n'est qu'à la chute…

En 1979, une maladie mystérieuse a frappé la ville industrielle de Sverdlovsk, dans l’ancienne USS (aujourd’hui Iekaterinburg, Russie). Plus de soixante personnes meurent pour une infection étrange, officiellement attribuée à la viande contaminée. Ce n’est qu’à la chute du rideau de fer en 1992, de découvrir la vérité: en réalité, c’était un accident dans une usine secrète d’armes organiques soviétiques, un programme encore interdit par le traité international. Ce secret, tenu pendant des décennies, révèle l’une des plus grandes difficultés de la lutte contre les armes biologiques: leur invisibilité.

Contrairement à un silo nucléaire, facilement identifiable par l’air, un laboratoire biotechnologique ne se démarque pas d’un centre médical normal. Un virus modifié laisse quelques pistes et il est probable qu’une épidémie provoquée sera échangée contre une épidémie naturelle. Cette ambiguïté offre aux attaquants un « Déni plausible », Explique le Vox des médias en ligne américains: Impossible de démontrer l’origine humaine d’un fléau, également pour les services de renseignement. L’occurrence de Covid-19, dont l’origine est encore discutée, illustre à quel point il est difficile d’attribuer la pandémie à une cause spécifique.

Aujourd’hui, ce type de menace évolue à grande vitesse. Le progrès de l’intelligence artificielle (IA) et de la biologie de la synthèse rend la création d’agents pathogènes artificiels plus faciles, plus rapides et moins chers. Des outils tels que le système CRISPR de ciseaux génétiques démocratisent la manipulation génétique et l’IA vous permettent désormais de concevoir des protéines ou des virus complètement nouvelles, potentiellement plus dangereux que l’anthrax qui empoisonné les habitants de Sverdlovsk.

Aujourd’hui, les scénarios cauchemardesques encore impossibles il y a quelques années sont complètement possibles: le virus qui combine les conteneurs de grippe à la létalité d’Ebola, pathogènes affectés par les populations en fonction de leur profil génétique, etc.

Une expérience dirigé par l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT) En 2023, il a montré que les étudiants, aidés par les chatbots, pouvaient reconstruire les plans pour assembler des virus mortels de l’équipement génétique commandé en ligne. Si les obstacles techniques restent importants, le seuil d’accès baisse dangereusement, même pour les groupes non étatiques.

La défense doit récupérer

Face à cette offensive technologique, la défense doit innover. L’exemple de Ginkgo Bioforks, une société biotechnologique basée à Boston (Massachusetts), illustre l’avènement d’une nouvelle génération d’outils de détection. Grâce à l’IA, la société a développé Endar, un système capable d’identifier la signature de la manipulation génétique dans un échantillon d’ADN pour déterminer si un pathogène a été conçu artificiellement.

Ce type de « bioradar » pourrait vous permettre de soulever le voile sur l’origine d’un nouvel agent infectieux et d’orienter rapidement la santé ou même la réponse politique. Mais la course est loin d’être gagnée: à quelle fréquence, les technologies qui vous permettent de créer des menaces progressent plus rapidement que celles destinées à les contraster.

La pandémie Covid-19 a également montré que la désinformation peut amplifier le chaos. La méfiance à l’égard des vaccins ou des autorités sanitaires, gérées par les réseaux sociaux, complique la gestion des crises, différents acteurs peuvent avoir un intérêt à répandre cet ou cet élément, bien soutenu par l’intelligence générative artificielle, capable de produire de fausses preuves ou de simuler des attaques bioterroriste. La recette parfaite pour commencer les principales crises géopolitiques.

Pour les experts, il est illusoire de croire qu’il sera possible d’interdire complètement ou interdire ces technologies. La seule issue est de développer des contre-mesures sophistiquées en tant que menaces, de préserver l’équipement de protection, de surveiller la circulation des agents pathogènes en temps réel et de renforcer la résilience sociale face aux crises de santé. Le défi n’est pas seulement d’éviter la prochaine pandémie, mais de savoir comment la reconnaître, naturelle ou artificielle.

La guerre organique, précédemment réservée aux États, pourrait devenir l’arme de groupes plus modestes, même des individus isolés. Dans ce nouveau paysage, la capacité de détecter, d’attribuer et de contraster les menaces biotechnologiques sera cruciale comme dissuasion nucléaire dans le xxEt siècle.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.