Publié le 10 octobre 2024 à 00:31:00. La procureure générale de New York, Letitia James, a été officiellement accusée de fraude bancaire et de fausses déclarations financières en Virginie, dans le cadre d’une enquête portant sur l’obtention d’un prêt hypothécaire. Ces accusations interviennent alors que l’ancien président Donald Trump appelle à la poursuite de ses opposants.
- Letitia James est accusée de fraude bancaire et de fausses déclarations à une institution financière.
- L’enquête porte sur un prêt hypothécaire contracté en 2023 pour l’achat d’une maison en Virginie.
- Ces accusations surviennent dans un contexte de tensions politiques et d’appels à la poursuite des adversaires de Donald Trump.
Letitia James a été formellement inculpée ce jeudi à Alexandria, en Virginie, selon des documents judiciaires. L’inculpation fait suite à une enquête menée depuis mai sur un prêt hypothécaire qu’elle a contracté en 2023 pour acquérir une propriété à Norfolk, en Virginie. Le ministère de la Justice, sous la présidence de Donald Trump, poursuit activement des enquêtes contre plusieurs opposants politiques.
Selon l’acte d’accusation, Letitia James aurait déclaré que la maison de Norfolk serait sa résidence secondaire, ce qui lui a permis d’obtenir des conditions de prêt plus avantageuses que celles accordées pour les biens d’investissement. Les procureurs affirment qu’elle n’a jamais utilisé la maison comme résidence et l’a louée à une famille de trois personnes. Ils soutiennent qu’elle a sciemment induit en erreur les institutions financières en présentant la propriété comme une résidence secondaire alors qu’elle avait l’intention de l’utiliser à des fins d’investissement.
Les procureurs estiment que Letitia James a bénéficié d’un taux hypothécaire réduit grâce à ce statut de résidence secondaire, ce qui lui a procuré un avantage financier indû de 18 933 $ sur la durée du prêt. Sa première comparution devant le tribunal est prévue le 24 octobre à Norfolk.
Cette affaire intervient dans un contexte de fortes tensions entre Letitia James et Donald Trump. La procureure générale a mené une enquête sur les pratiques financières de l’ancien président et a remporté une affaire de fraude civile contre lui, ses enfants et son entreprise immobilière. Un juge l’a déclarée responsable de fraude pour avoir gonflé la valeur de ses actifs et a ordonné à Trump de payer 355 millions de dollars d’amendes. Une cour d’appel de New York a cependant annulé ces sanctions, et Trump a fait appel du verdict.
Les relations entre James et Trump ont été particulièrement tendues lors du procès de 11 semaines. Trump a publiquement critiqué James dans les couloirs de la salle d’audience et lors de son témoignage.
« C’est une chasse aux sorcières politique et je pense qu’elle devrait avoir honte d’elle-même. Vous croyez cet opportuniste politique là-bas et c’est regrettable. »
Donald Trump
Letitia James a souvent répondu à ces attaques en dehors de la salle d’audience, notamment sur les réseaux sociaux et par le biais de communiqués vidéo.
« Ces accusations sont sans fondement, et les propres déclarations publiques du président montrent clairement que son seul objectif est des représailles politiques à tout prix. Les actions du président constituent une grave violation de notre ordre constitutionnel et ont suscité des critiques de la part des membres des deux partis. »
Letitia James
Récemment, CNN a rapporté que des procureurs du ministère de la Justice de Virginie estimaient ne pas disposer de suffisamment de preuves pour engager des poursuites pénales contre James. Cependant, sous la pression de Donald Trump, Erik Seibert, le procureur en chef à l’époque, a démissionné et a été remplacé par Lindsey Halligan, l’ancienne avocate personnelle de Trump. Ed Martin, un responsable du ministère de la Justice sous Trump, a même publié un message sur les réseaux sociaux affirmant que les promesses avaient été tenues après l’annonce des accusations.
Les avocats de James ont remis au ministère de la Justice en avril un document visant à réfuter ce qu’ils qualifient d’allégations infondées. Ils affirment qu’un document de la demande de prêt hypothécaire indiquait « à tort » que la propriété serait la résidence principale de James, mais ont présenté d’autres documents pour prouver qu’il n’y avait pas eu de fraude. James aurait même précisé par e-mail à son agent de crédit que la propriété ne serait pas sa résidence principale et coché la case correspondante sur un autre document.
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