Publié le 18 janvier 2024 18h04. L’ancien président américain Donald Trump a lancé une initiative controversée visant à créer un « Conseil de la paix » pour résoudre les conflits internationaux, suscitant des réactions mitigées et des inquiétudes quant à son impact sur le rôle des Nations unies.
- Seule la Hongrie a pour l’instant accepté de rejoindre le Conseil proposé par Donald Trump, qui ambitionne de devenir un organisme international de consolidation de la paix.
- Le modèle de fonctionnement du Conseil, avec des membres permanents moyennant une contribution financière importante (1 milliard de dollars), soulève des questions sur son équité et son accessibilité.
- Des diplomates craignent que cette initiative ne vienne affaiblir l’autorité et l’efficacité des Nations unies, la qualifiant de « ONU Trump ».
L’invitation à rejoindre ce « Conseil de la paix », adressée à une soixantaine de pays, a commencé à parvenir aux capitales européennes ce week-end. L’initiative, dont Donald Trump serait le président à vie, se concentrerait initialement sur le conflit à Gaza avant de s’étendre à d’autres foyers de tensions à travers le monde. Selon la Maison Blanche, il s’agit d’une opportunité pour les nations désireuses de s’engager en faveur de la paix et de la sécurité de devenir membres permanents.
Les réactions n’ont pas tardé. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, s’est dite prête à contribuer, sans préciser si son engagement concernait spécifiquement Gaza ou une action plus large. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a quant à lui donné son accord de principe pour rejoindre le Conseil de paix pour Gaza, une initiative dont le mandat est actuellement limité par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies jusqu’en 2027.
L’inquiétude grandit face à la charte accompagnant l’invitation, perçue par certains diplomates comme une menace pour les opérations en cours menées par l’ONU. Un diplomate l’a ainsi qualifiée de « ONU Trump », craignant une érosion du rôle de l’organisation internationale. Donald Trump envisagerait même d’élargir le mandat du Conseil au-delà de Gaza, afin de s’attaquer à d’autres conflits qu’il affirme avoir déjà résolus.
Outre la Hongrie, les dirigeants de France, d’Allemagne, d’Italie, d’Australie, du Canada, de la Commission européenne et de plusieurs puissances du Moyen-Orient ont été sollicités. Un « Conseil exécutif de Gaza », composé de représentants de la Turquie, de l’ONU, des Émirats arabes unis et d’Israël, a également été constitué, bien qu’Israël ait indiqué ne pas avoir approuvé sa composition, illustrant les tensions persistantes entre les États membres.
Un haut responsable de l’ONU a rappelé que l’organisation reste le seul organisme légitime pour unir les nations, avertissant que toute remise en question de ce rôle pourrait avoir des conséquences néfastes. La Maison Blanche a dévoilé une liste de personnalités politiques destinées à siéger au Conseil, mais aucun représentant palestinien n’y figure. La surveillance de la gouvernance de Gaza, dans le cadre d’un cessez-le-feu fragile négocié par Israël et le Hamas, serait confiée à ce conseil international.
Les critiques comparent cette approche à une forme de colonialisme, soulignant la gouvernance de territoires étrangers par Donald Trump. La composition du Conseil suscite également des interrogations, notamment avec la présence de personnalités controversées comme Tony Blair, en raison de son rôle dans la guerre en Irak.
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