Home NouvellesLa protestation et la démission : pour que cela ne se reproduise plus comme avant ᐉ Nouvelles de Fakti.bg – Opinions

La protestation et la démission : pour que cela ne se reproduise plus comme avant ᐉ Nouvelles de Fakti.bg – Opinions

by Nicolas Lefèvre

Publié le 12 décembre 2025 à 21h01. La démission du gouvernement bulgare, fruit de plusieurs mois de contestations, ne marque selon un analyste qu’une première étape vers une refonte profonde du contrat social, une tâche ardue qui dépasse les capacités des forces politiques actuelles.

  • La chute du gouvernement de Jelyazkov (et de Borisov, selon l’auteur) ne doit pas être perçue comme une victoire décisive, mais comme un point de départ.
  • La génération Z et les millennials sont les acteurs clés de ce changement, mais leur potentiel est freiné par les réalités politiques bulgares.
  • L’avenir politique de la Bulgarie dépendra de la capacité des manifestants à maintenir la pression et à dépasser les divisions partisanes.

La démission du gouvernement bulgare a suscité un sentiment d’euphorie parmi les manifestants, mais Ivaylo Noisey Tsvetkov, dans un commentaire publié par FAITS, met en garde contre une interprétation trop optimiste de la situation. Il estime que cette démission n’est qu’un premier pas vers une transformation plus profonde de la société bulgare, une refonte du contrat social qui prendra en compte les aspirations des nouvelles générations.

Selon l’analyste, la “pensée magique” qui anime les manifestants – l’idée que les choses vont changer du jour au lendemain – est dangereuse. Il souligne que le système politique bulgare est profondément enraciné et qu’il est peu probable qu’une simple démission puisse le faire basculer. Il compare cette situation à la Révolution française, qui, malgré ses idéaux nobles, a conduit à des excès et à des massacres.

Tsvetkov s’interroge sur la définition même du succès pour une manifestation. Il relève que la plupart des participants souhaitent simplement le départ de certains dirigeants, mais que cela ne suffit pas à résoudre les problèmes structurels de la Bulgarie. Il prend l’exemple de Delyan Peevski, dont le retour à Dubaï ne serait, selon lui, qu’un faux pas.

L’analyste se penche ensuite sur le potentiel des forces politiques émergentes, en particulier PP-DB (Prouvane Pravni Tseni – Demokratichna Bulgaria, soit “Valeurs de Justice Prouvées – Bulgarie Démocratique). Il reconnaît leur volonté de refonder les institutions et de décentraliser le pouvoir, mais il doute de leur capacité à mobiliser suffisamment de soutien populaire. Il les compare à Eunice Kennedy Shriver, la sœur de John Kennedy, soulignant leur manque de charisme.

Il estime également que les élections à venir ne seront pas équitables, comme ce fut le cas depuis la Libération de la Bulgarie. Il craint que les forces issues des manifestations ne parviennent pas à dépasser les 50 % aux élections de mars.

Concernant le président Rumen Radev, Tsvetkov le décrit comme un “empereur Palpatine” potentiel, mais il pense qu’il se contentera de nommer un gouvernement intérimaire et de se présenter aux élections. Il imagine même un scénario où Radev annoncerait son projet politique dans son discours du Nouvel An, à l’image de Richard Nixon.

Enfin, l’analyste aborde la figure de Boïko Borisov, qu’il décrit comme toujours influent malgré les critiques. Il souligne que le flux de trésorerie des fonds européens (PVU) reste un mystère et que les manifestants n’ont pas les moyens de le contrôler. Il conclut que si la protestation ne se poursuit pas jusqu’aux élections, tout risque de revenir à la situation antérieure.

Toutefois, Tsvetkov reste optimiste, soulignant que la situation actuelle offre une opportunité unique de changement.

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