Publié le 26 octobre 2023 14:45:00. Le ministre de l’Éducation d’Irlande du Nord, Paul Givan, est au cœur d’une controverse après avoir autorisé la publication par son ministère d’informations relatives à une visite effectuée dans une école israélienne, alors que le pays est confronté à des critiques internationales concernant son offensive militaire à Gaza. Cette décision a déclenché une vague de critiques et une motion de censure à son encontre.
- Paul Givan se défend d’avoir demandé la publication de cette information, la qualifiant de message « strictement apolitique ».
- Plus de 13 000 personnes ont signé une pétition en ligne réclamant sa démission.
- Une motion de censure contre le ministre sera débattue la semaine prochaine à l’Assemblée d’Irlande du Nord.
Accusé de partialité et de mauvaise utilisation des ressources publiques, Paul Givan a fermement défendu ses actions devant l’Assemblée lundi. Il a insisté sur le fait que sa visite dans une école de Jérusalem était directement liée à son portefeuille ministériel et qu’elle lui avait fourni des informations précieuses sur les pratiques d’éducation inclusive. Il a affirmé que la publication sur les réseaux sociaux de son ministère n’avait pris qu’une heure de temps administratif et qu’aucun fonds public n’avait été dépensé pour le voyage ou la communication.
« À la lumière de cette pertinence, j’ai demandé au ministère de publier un communiqué de presse factuel pour partager la pratique d’éducation inclusive que j’ai observée », a-t-il déclaré. « Cette communication était strictement apolitique et axée uniquement sur les aspects éducatifs de la visite. Aucune ressource départementale n’a été utilisée pour diffuser un quelconque message politique. »
La polémique a éclaté après que M. Givan a participé la semaine dernière à une visite d’information en Israël, à l’invitation du gouvernement israélien, aux côtés d’une délégation de députés d’Irlande du Nord. Cette visite a suscité l’indignation de nombreux acteurs politiques et de la société civile, qui la considèrent comme une prise de position implicite en faveur d’Israël au moment où le pays est confronté à des accusations de violations du droit international humanitaire dans la bande de Gaza.
Le Conseil des enseignants d’Irlande du Nord a dénoncé la promotion de cette visite par le ministère de l’Éducation comme un « acte ouvertement politique et source de discorde », exigeant le retrait du message en ligne. Des manifestations ont eu lieu à Belfast et devant les bâtiments du Parlement, témoignant de l’ampleur du mécontentement.
La présidente du Sinn Féin, Mary-Lou McDonald, a critiqué avec virulence la position de M. Givan, estimant qu’il n’était pas une victime dans cette affaire.
« Le ministre Givan n’est pas une victime dans ce scénario. Les victimes ici sont des dizaines de milliers d’enfants, de femmes et d’hommes innocents qui ont été massacrés pendant plus de deux ans. »
Mary-Lou McDonald, présidente du Sinn Fein
M. Givan a également reçu le soutien du leader du DUP, Gavin Robinson, qui a qualifié la réaction à sa visite de « pantomime et de politique performative ». Le chef adjoint de l’Alliance, Eoin Tennyson, a quant à lui confirmé que son parti soutiendrait la motion de censure, dénonçant une « provocation » et remettant en question l’utilisation de ressources publiques pour promouvoir une « mission de propagande » du gouvernement israélien.
« S’engager dans cette visite à un moment aussi politiquement sensible n’est rien d’autre que de la provocation, et le ministre doit rendre compte de son jugement quant aux raisons pour lesquelles il a fait partie d’une mission de propagande pour le gouvernement israélien. »
Eoin Tennyson, chef adjoint de l’Alliance
M. Givan a précisé que son secrétaire permanent et ses hauts fonctionnaires avaient examiné ses engagements lors de la visite et avaient conclu qu’ils étaient appropriés, estimant que cela avait représenté moins d’une heure de temps administratif. L’issue de la motion de censure, prévue la semaine prochaine, reste incertaine.
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