Home SantéLa qualité de vie et le fardeau des symptômes chez les personnes âgées autour de la dialyse commencent

La qualité de vie et le fardeau des symptômes chez les personnes âgées autour de la dialyse commencent

by Sophie Martin

Publié le 27 mars 2025. Une étude européenne révèle que si la dialyse soulage certains symptômes chez les patients âgés atteints d’insuffisance rénale, elle n’améliore pas significativement leur qualité de vie globale, soulignant la nécessité d’une approche personnalisée du traitement.

  • Les patients de plus de 65 ans souffrant d’insuffisance rénale chronique voient leur nombre de symptômes augmenter avant de commencer la dialyse.
  • Bien que certains symptômes, comme les œdèmes et l’essoufflement, s’améliorent avec la dialyse, d’autres, notamment la fatigue et le manque de désir sexuel, persistent.
  • La qualité de vie des patients se stabilise après le début de la dialyse, mais ne retrouve pas son niveau initial.

L’insuffisance rénale chronique est un problème de santé publique croissant, en particulier chez les personnes âgées. La transplantation rénale est souvent exclue pour cette population en raison de leur fragilité et de la présence de comorbidités. La dialyse, qui consiste à filtrer artificiellement le sang, devient alors une option thérapeutique courante, mais elle est lourde et s’engage généralement à vie. Face à cette réalité, une alternative thérapeutique, le traitement conservateur, qui vise à soulager les symptômes et à améliorer le confort du patient sans remplacer la fonction rénale, gagne en popularité.

Pour aider les médecins et les patients à prendre des décisions éclairées, une étude européenne, baptisée EQUAL (European Quality of Life in Advanced Kidney Disease), a été menée auprès de 1 736 patients de plus de 65 ans souffrant d’insuffisance rénale chronique (taux de filtration glomérulaire ≤ 20 ml/min/1,73 m2) en Allemagne, en Italie, en Pologne, en Suède, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Les participants ont été suivis pendant huit ans, et des données cliniques et des informations sur leur état de santé ont été collectées tous les trois à six mois.

Les résultats, portant sur plus de 450 patients ayant débuté la dialyse pendant l’étude, montrent qu’en moyenne, les patients présentaient 11 symptômes liés à leur insuffisance rénale un an avant de commencer la dialyse. Ce nombre a augmenté de 4 symptômes au cours de l’année précédant le début du traitement. Si la charge symptomatique globale s’est améliorée après le début de la dialyse, elle n’a pas retrouvé son niveau initial. Les symptômes liés à la rétention d’eau, comme les jambes gonflées et l’essoufflement, se sont améliorés, tout comme les symptômes psychologiques tels que l’anxiété et la nervosité, souvent exacerbés par l’attente du traitement.

Cependant, plus de la moitié des symptômes interrogés n’ont pas connu d’amélioration significative après le début de la dialyse, notamment les démangeaisons. La fatigue s’est avérée être le symptôme le plus courant, touchant 80 % des patients âgés débutant la dialyse. Une diminution du désir sexuel et des difficultés à l’excitation sexuelle étaient également très fréquentes, avec un taux de prévalence proche de 75 % au début de la dialyse. Ces trois symptômes ont été identifiés comme les plus pénibles par les patients, tant avant qu’après le début du traitement.

En ce qui concerne la qualité de vie, elle s’est rapidement détériorée au cours de l’année précédant le début de la dialyse, tant sur le plan physique que mental. Après le début du traitement, cette détérioration s’est stabilisée, mais il n’y a pas eu de retour à un niveau antérieur. Ces résultats suggèrent qu’il est crucial d’informer les patients âgés sur les perspectives réalistes liées à la dialyse avant de prendre une décision.

Les chercheurs soulignent l’absence de comparaison directe dans leur étude entre le démarrage de la dialyse et l’option d’un traitement conservateur. Une étude randomisée, menée actuellement au Royaume-Uni (PREPARE), compare ces deux stratégies chez les patients âgés vulnérables. Les résultats de cette étude pourraient apporter des éclaircissements sur l’approche thérapeutique la plus bénéfique pour cette population.

« Les résultats cliniques et les données déclarées par les patients sur la santé rénale : optimiser les soins rénaux dans une population vieillissante. »

Esther NM de Rooij, docteure

La recherche a été supervisée par les professeurs de Fijter et Friedo Dekker de l’Université Médicale de Leiden et par le Dr Ellen Hoogeveen de l’hôpital Jeroen Bosch. Esther de Rooij travaille actuellement comme interne en médecine interne à l’hôpital Groene Hart.

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